LIVRE IX. î3ï
perfides écrits , l'armée musulmane en Septimanie avait offert le sceptre à son chef qui , ne trouvant point le moment favorable , l'avait refusé pour mieux se l'assurer, et ne poursuivait le cours de ses conquêtes qu'afin de se créer un plus vaste empire.
Abdérame croit avoir acquis la certitude des trahisons du Renégat; et tandis qu'au champ d'honneur d'Anguslura le fils de Thierri se croit au faîte de la gloire et de la puissance , son arrêt de mort, prononcé par le calife, traverse rapidement les mers porté par Athime lui-même.
La flotte arrivant d'Ibérie est entrée au port le plus voisin du camp des infidèles. Une armée nombreuse débarque ; l'Africain qui la commande y redoutant l'empire dAgobar sur ses troupes, a senti que des forces considérables pouvaient seules assurer le succès de sa mission.
ï32 LE RENÉGAT.
Au rivage où sa lente est dressée , Atliimc ki fait mander Agobar et ses principaux guerriers : par ordre du calife , il leur amène , dit-il , de nouveaux renforts, et vient leur communiquer des ordres secrets d'Abdérame.
Le Renégat ne soupçonne aucune trahison ; et suivi seulement de ses chefs les plus distingués , il veut se rendre à la tente de l'envoyé du souverain. Mais Aiaor , inquiet , le supplie de lui permettre, ainsi qu'à sa garde fidèle, de l'escorter et de veiller à sa sûreté. Touché de la vive sollicitude que lui témoigne son frère d'armes, le héros craint de l'affliger en se refusant à ses prières; et, bien que sans alarmes , il lui permet de l'accompagner avec une partie de ses janissaires.
Depuis long-temps du haut des minarets le muezzin (i) avait convoqué les infidèles à la
(i) « On appelle muezzin parmi les Maliomëtans rhoniim- « qui par sa fonction doit monter sur le haut de la Mosqucr, •>•> et convoquer les Mahomélans à la prière dans les Etats du