‹ Le renégatChapitre 240 sur 334 · LIVRE IX. i · texte numérisé non relu

LIVRE IX. i

^nicre du soir. Séparé de son armée , Agobar au milieu d'uue foule d'ennemis arrive à la lente d'Alhime. Tandis qu'avec pompe on raccueille , des messagers volent au camp d'Angustura, lisent le décret du calife, et déjà proclament sa mort.

Toute communication est aussitôt coupée entre les deux armées. Hélas! le triomphateur de ribérie, comme tous les conquérans, comme tous les grands hommes , s'est vu idolâtré de la multitude quand la fortune lui souriait ; il se verra rejeté par elle quand le malheur l'accablera. Ses soldats, d'abord désespérés, verseront des larmes sur son sort... puis ils se soumettront aux volontés du calife... puis ils scruteront la vie de leur chef. . . puis enfin ils insulteront sa mémoire.

Agobar est en présence d'Athime. Au

» graiicl-seigueur . il n'y a point d'autre cloche. » Encyclopédie , lettre M. )

ï^ LE RENÉGAT,

fond d'une lente magnifique éclairée par de nombreux flambeaux, l'émissaire d'Abdérame, assis sur des carreaux de pourpre, entouré d'une pompe royale , tient le fatal arrêt qu'il doit lire à son ennemi. Le héros approche. Sa mâle beauté, son port majestueux ^ sa contenance assurée, intimident le vil Africain. La main qui tient l'écrit du calife est tremblante ; Athime hésite et balbutie... (( — Agobar ! s'é- » crie -t - il enfin , le ciel tôt ou tard punit la » trahison. Tes complots sont découverts. )) Asraël (i) a pesé ta vie dans son immortelle » balance ; le coté des crimes tombe et dé- )) borde ^ l'autre emporté dans les airs est vide. » La faux de Nékir (2) est levée... Allah te » condamne, Abdérame te frappe. »

Puis ayant lu l'arrêt de mort : a — Gardes!

(1) Asraël, ange de lu mort et des deiiileis jugemcns.

(2) Nékir, génie infernal armé d'une faux. (Voyez lord Biroir , notes du giaour , 53 et 54. )

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