‹ Le renégatChapitre 263 sur 334 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

JuA vierge des Gëvennes n'est plus qu'à peu de distance du torrent de Fontanias : se dirigeant toujours au lieu d'où partit le soupir plaintif qui suivit le chant du prophète ^ elle écarte les branches d'arbres dont la route est obstruée , et bientôt parvient au rivage.

Là s'offre à sa vue, couche sous un vieux saule 5 un soldat sarrasin endormi. Non loin, attaché sur un brancard , est un objet ensanglanté présentant l'aspect d'un cadavre. Ézilda s'en approche, se penche vers lui, distingue les traits de la victime, et reconnaît.... le Renégat.

Cependant Gondaïr, s'arrachant à sesinspi-

i8o LE RENÉGAT,

rations prophétiques, suit les traces de la princesse; il la rejoint, il est près d'elle. Alors courbée sur le corps du chef des Musulmans , Ezilda levait au ciel ses mains jointes et tremblantes. (( — O mon Dieu ! s'écrie-t-elle , est-il » temps encore de le sauver î — »

Elle a posé sa main contre le cœur du héros. « — Agobar! reprend-elle, est-ce bien là

» toi! t'ai -je donc perdu pour tou-

)) jours!... »

A ces exclamations de désespoir et d'amour ,

qui peindrait l'étonnement du vieillard ! En

croira-t-il ses yeux et son oreille ! Quoi !

l'héroïne des Chrétiens était l'amante du Renégat !

C'est dans les grandes occasions que se déploient les grands caractères. Le moment des périls extrêmes est celui des résolutions hardies. La fîlle de Théobert a reconnu qu Agobar existait encore, et qu'il était possible de le

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