‹ Le renégatChapitre 282 sur 334 · LIVRE X. 2i · texte numérisé non relu

LIVRE X. 2i

» paroles mystérieuses , à peine écoulées et » comprises, prononcées par un inconnu, qui » vous paraissent les liens sacrés. Ce ne sont )) ni les sermens de la fidélité , ni les engage- » mens de Fhonneur , qui vous semblent les » nœuds indissolubles ; ce sont quelques imites )) absurdes, quelques bizarres cérémonies.

» — Qu'oses-tu dire ! . . interrompt la vierge ; » quoi î tu nommes des rites absurdes ces au- )) gustes solennités oii noblement l'homme et sa » compagne viennent, pour prononcer leurs » sermens , choisir Dieu lui-même en son )) temple comme le seul témoin digne d'eux î )) A la voix d'un ministre saint, lorsque sur )) deux époux est descendue la bénédiction )) du ciel, devenus plus dignes d'être heu- » reux, leurs coeurs en sont-ils moins ai- » mans!... Et qu'ont-ils donc fait de bizarre » en s'épurant par la prière , et plaçant jus- >) qu'à leurs amours sous la gardé de TE- » ternel ! »

2i6 LE RENÉGAT.

Mais Agobar rentend à peine. Son ame est chancelante, et un reste de son ancienne irritation contre le culte chrétien se manifeste malgré lui : (c — Des prêtres î s'écrie-t-il ; je » fus la victime de ces monstres que l'on » nomme les ministres saints. Renferme' dans » leurs monastères, Astolphe a pu les juger. » Je les connais, je les abhorre. Non, devant » un prêtre, jamais je ne fléchirai le genou.

» — Quelques ministres indignes se sont » offerts à toi, répond la princesse , et tu les )) enveloppes tous de la même haine , comme » s'ils avaient tous les mêmes sentimens. Que » ne hais-tu aussi tous les guerriers parce que » Charles Martel et les siens t'ont persécuté î » Que ne rejettes-tu toutes les fleurs de la )) vallée parce qu'il se trouve au milieu d'elles » quelques plantes empoisonnées!...

» Fils de Thierri ! ce ne sera point devant » le prêtre qu'à l'autel tu fléchiras le genou , » ce sera devant l'arbitre suprême. C'est la

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