‹ Le renégatChapitre 290 sur 334 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

» retour aux camps sarrasins fera époque )) dans l'histoire. Je saurai prouver à la terre » qu'on peut, élevé au faîte des grandeurs » lîumaities , les abdiquer toutes sans re- >ï grets. i)

Il dit : son accent est celui de la vérité. Dieu peut-être veut sauver la France par celui même qui dut la perdre. « — Parle mainte- » nant! poursuit Agobar avec passion, si tu » me le permets, je pars; si tu me le dé- » fends , je demeure. »

La princesse va lui répondre et peut-être va l'arrêter, lorsque les janissaires , députés du camp sarrasin , qui n'avaient poiot encore pu se jeter aux pieds de leur chef, se précipitent tumultueusement sous le toît rustique où le héros attendait l'arrêt d'Ezilda. Ils viennent de lui préparer à la hâte une sorte de fête triomphale ; et leurs transports inmiodérés e sauraient être contenus plus long-temps. Ils le pressent , ils l'environnent, ils l'arrachent

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maigre lui de la chaumière de Roderic.

Hélas ! touché des témoignages d'amour de ses soldats , entouré de leurs acclamations , entraîné lui -même par son cœur, Agobar, porlé en triomphe , se laisse enlever à l'heureuse vallée... Ezilda s'est élancée de la cabane , elle élève sa voix vers Clodomir, mais les trompettes et les fanfares couvrent les accens de la vierge.

Surpris de ces pompes inconnues , de ce cortège belliqueux , de ces bruyantes harmonies, les habitans de Fontanias se rassemblent autour d'Agobar; ils suivent, ravis d'admiration , cette marche de guerriers couverts de brillantes armures , beaux de jeunesse et d'héroïsme , de valeur et d'enthousiasme... Infortunés! pour eux ont fui les jours de paix : désormais leur vallon , connu , ne sera plus la va liée 11 e ureuse .

Alaor avait redouté l'empire d Ezilda sur Agobar : il avait craint que la Française inspi-

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