‹ Le renégatChapitre 318 sur 334 · LIVRE Xll. -y · texte numérisé non relu

LIVRE Xll. -y

les voyageurs. Ils quittent les bords du torrentl leur pas est rapide : ils approchent de Sëgorum. Ezilda reconnaît les sentiers , les rochers, les forêts où peu de temps auparavant elle passait marchant à l'exil. En ce moment elle parcourt ces mêmes lieux appelée à la victoire. Hélas ! et son ame souffre autant au jour triomphant du retour qu'à la triste nuit du départ !

Le char du dieu de la lumière étincelait à l'horizon : de loin, la forteresse de Ségorum apparaît à l'héroïne comme ceinte d'une couronne d'or. A cet aspect, une pensée de gloire s'élève du cœur magnanime d'Ezilda ainsi qu'une aurore intérieure venant aussi revêtir en elle toute image sombre et lugubre de ses radieuses clartés.

Le vent du matin agite , au sommet des remparts , les replis ondoyans de son drapeau sans tache. Les instrumens de guerre résonnent : c'est le chant du réveil , ce même chant

qui célébrait aux temps anciens la divinité chasseresse , amante d'Endimion , et qui , se perpétuant dans les siècles , porte encore le nom de Diane.

« — Rentrerons-nous secrètement au fort? » dit Gondaïr à la princesse. Prendrons- nous » le chemin couvert qui mène à la tour de » l'orient ? — Non , répond l'inspirée ; ce n'est )) plus l'heure des mystères. Quelle que soit » ma répugnance à m'ofFrir aux applaudisse- » mens des hommes , puisque le sacrifice de » moi-même est utile , que l'armée entière » me voie ! »

Le village de Ségorum n'est plus qu'à peu de distance ; elle croit y remarquer des préparatifs de fête annonçant une solennité religieuse, (c — Ce jour est d'un favorable au- » gure, dit le prophète de la montagne, c'est » le huitième de septembre , la nativité de la » Vierge. Vous reparaissez au théâtre de la

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