‹ Le renégatChapitre 325 sur 334 · LIVRE XÏI · texte numérisé non relu

LIVRE XÏI

course. Elle sait que Mohamud y a dii conduire ses captifs ; mais sur quelle cote ?... elle l'ignore. Effraye tout-à-coup par un drapeau sanglant entre lequel ses pieds s'embarrassent, le coursier arabe s'emporte... Plus rapide que les vents déchaînés , il franchit un espace immense sans que l'héroïne étonnée puisse arrêter son essor impétueux. Ni le frein , ni le mors y ni la voix ne peuvent retenir l'animal indompté. 11 vole en bondissant, infatigable, terrifié ; peut-être obéit- il à quelque esprit invisible... Il a passé comme la foudre , inaperçu , inapprochable.

Les chevaliers de la princesse en vain s'efforcent de la suivre par des routes impraticables , entre des rochers menaçans , l'indocile coursier se glisse et se dérobe à tous les veux. La fille de Théobert , malgré elle , est enlevée à son armée. En cette course presque surnaturelle, en celte aventure inconcevable , elle croit voir un ordre supérieur qui

s'exécute , une puissance invincible qui commande y et les deslins qui s'accomplissent. Elle cesse de s'opposer aux fougueuses volontés du coursier. Elle lui livre entièrement les rênes, et y résignée à tout événement , s'abandonne a la Providence.

Déjà les acclamations de guerre et- de victoire se perdent au loin dans les airs , et ne paiîviennentplus jusqu'à elle. Loin du théâtre des combats j son cheval s'abat, épuisé. De sa bouche écumante le sang jaillit et coule à flots. 11 secoue convulsivement sa crinière hérissée, laisse tomber sa tête sur le sable, cherche ensuite à la relever, ouvre ses naseaux haletans, palpite encore , tressaille et meurt.

Sans avoir été blessée par sa chute , la princesse s'est relevée. Debout en des lieux inconnus , ne sachant où porter ses pas , elle regarde avec surprise les objets affreux qui l'entourent.

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