‹ Le renégatChapitre 329 sur 334 · LIVRE XIÎ. 3e · texte numérisé non relu

LIVRE XIÎ. 3e

(lu monument il peut voir la voûte céleste. Alors deux cygnes devant lui s'abattent sur un roc voisin. Fatigués d'une longue route , long-temps battus par la tourmente , ils y tombent presque mourans , et font entendre des sons plaintifs. Le fils de Thierri se rappelle cette nuit de Fontanias où, sous les bosquets de l'amour, près du bassin de la vallée, il s'enivrait de joies célestes. « — Entends- )) tu leurs accens funèbres ! dit le prince » en montrant les cygnes ; insensés , comme » moi , peut-être , ils ont quitté Fontanias. » Ezilda , dont les souffrances sont à leur comble , recueille toutes les forces de son ame^ et parvient à prononcer ces mots : « — O mon » époux ! mon bien-aimé ! si ton cœur fut » vraiment à moi , s'il a battu pour Ezilda , » une dernière fois je l'implore !,.. Clodomir, » ne nous sépare point pour l'éternité , ne me » condamne point à voiler mes yeux au jour » terrible du jugement. Nous fûmes désunis

3o4 LE RENÉGAT.

;) au val des misères : élève tes prières au » ciel 5 et que Dieu puisse nous rejoindre en )) ses immortelles demeures. Pardonne , ar- » bitre souverain , à l'égarement de ma dou- » leur ! Mais toute a Clodomir en ce jour , il » me semble qu'il ne saurait être pour moi » d'éternelles félicites si l'éternel malheur » l'attend : le seul homme que j'aie aimé est » si près de toi dans mon cœur , que , pour ;) lui renoncer à toi , ou pour toi renoncer w à lui , semble impossible à ma pensée ; et )) j'ai peine à comprendre un ciel où je ne )) verrais plus Clodomir. »

Que sa prière était touchante ! et qu'A goba r est attendri !.... Aux divins accens de la vierge il ne sut jamais résister. « — Ame sublime , » s'écrie-t-il , que n'as-tu dirigé ma vie !.... )) Mais maintenant il est trop tard ; la ven- )) geance divine frappe , et le Tout-Puissant » me rejette.

)i — Non 5 répond la vierge avec feu , le

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