LIVRE III
Après un long sommeil^ les saintes filles d'Amalberge s'éveillent sous l'obscure caverne. Gondaïr est au milieu d'elles ; et charge des provisions nécessaires à la vie , il est de retour au souterrain. Rassurées à son aspect, les religieuses se disposaient à remercier l'Eternel de sa puissante protection, lorsque, cherchant l'héroïne de Lutève à la clarté des lampes, elles s'aperçoivent de sa disparition. Saisies d'inquiétude et d'effroi, elles appellent à grands cris leur compagne; et, d'abîmes en abîmes, de rochers en rochers, les échos douloureusement répètent le nom d'Ézilda.
Mais au fond de l'allée ténébreuse qui , tournant à gauche , conduit au manoir occupé
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par les Sarrasins, une lumière lointaine abrillé. La clarté s'approche. < — C'est la princesse î » crie Gondaïr; et le vieillard s'élance à sa rencontre.
Une femme suit Ezilda; portant les plus riches vêtemens , couverte de pierreries , mais pâle et chancelante , l'inconnue se traîne à pas lents. La douleur paraît l'accabler, et ses forces sont épuisées. Sous le roc sauvage et le long des précipices , l'éclat brillant de sa parure offre les plus bizarres oppositions. L'élégante recherche de ses ajustemens , et le désespoir peint sur son visage, ajoutent encore aux contrastes. Enlevée aux adorations humaines, là, tremblante au milieu des gouffres, elle semble une idole parée, mais foudroyée, du temple de la volupté.
Parmi les sœurs hospitalières , Zarèle s'est évanouie , et les plus tendres soins lui sont prodigués. A l'aspect d'Ézilda, les religieuses