‹ Le renégatChapitre 78 sur 334 · LIVRE m. i · texte numérisé non relu

LIVRE m. i

» qu'il voie encore en fréniissant l'enfer » vaincu par une femme ! et que sa haute rei) nommée y venant expirer sur nos plages , » ne résiste à la foudre des monts Cévennes » que comme le pavillon du vaisseau sub- )) mergé qui flotte et surnage un instant ^ » puis sombre englouti pour toujours î

» — Eh bien , marchons ! dit Ezilda ; je suis » prête à vous suivre. L'Éternel qui lit dans » mon cœur sait que nul désir de gloire ter- » restre , nul orgueil de commandement n'est » le mobile qui me guide ; l'espoir de sauver » la patrie , le désir de ramener au Seigneur » de transfuges chrétiens , déterminent seuls » ma résolution. J'irai ^ j ^armerai les Fran- » çais , je parlerai aux âmes égarées ^ j'affron- » terai les périls et la mort , mais jamais je » ne revêtirai d'armure guerrière , et jamais » le sang ne coulera par mes mains. Gondaïr! )) je n'aurai d'autre force que la foi , d'autie )) éloquence que la piété , d'autres armes que

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» la prière, et d'aulre égide que le ciel. »

Au coucher du soleil y a l'heure où les montagnards au rocher de Carënal comptent se réunir et l'attendre , Ézilda doit quitter la grotte miraculeuse. La chaleur de la saison s e'tait répandue dans l'atmosphère en étouffantes vapeurs. Sur un sol desséché, les plantes et les fleurs expiraient ; Fazur des cieux était ardent ; l'espace silencieux paraissait frappé de stupeur ; la végétation rétrogradait interrompue ; l'oiseau se taisait sous l'ombrage ; et la nature , telle qu'un malade assoupi, s'offrait privée de mouvement.

Mais l'astre de la lumière est h la fin de sa course ; de brûlantes nuées voilent ses derniers rayons ; le vent du midi s'élève ; et de longs éclairs de chaleur sillonnent au loin l'horizon.

Au nord de Lutève , adossé contre un pic élevé qui fut un volcan effroyable aux pre-

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