‹ Le renégatChapitre 81 sur 334 · LIVRE III. i · texte numérisé non relu

LIVRE III. i

vent agite les boucles, s'entrelacent des feuilles d'or ainsi qu'un royal diadème. D'une lumière intérieure et divine allumée par la foi , le visage de la princesse s'offre resplendissant à la foule. Sur ses lèvres est un sourire enchanteur, doux comme un vœu de l'innocence, radieux comme un présage céleste.

Les hautes colonnes de basalte , verdâtres , lustrées, recouvertes de cristaux (i) et servant de trône à l'héroïne , se colorent des teintes rougeâtres qui traversent la voûte orageuse. Alors la vierge des Cévennes , comme au milieu d'une aurore boréale , semble marcher sur les éclairs. . . et devant elle, d'un front calme , chasser la foudre et les tempêtes. Ce n'est point une beauté mortelle, ce n'est point la fille des hommes ; non : sur ce nouveau Si-

(i) A Rochemaure , dans le Vivarais, le basalte s'ofifre recouvert de cristaux de spath calcaire blanc et transparent, ( Faujas de Saint-Fond , Mémoire sur le basalte. )

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liai 5 devant un nouvel Israël, c'est un appel de la Providence sous une apparence visible , sous une image enchanteresse.

Parmi les villageois rassemblés l'ëtomiement est à son comble. De longs cris d'admiration font retentir les airs. La foule ravie, émerveillée , contemple l'envoyée du Seigneur.

D'un geste noble et gracieux , à la fois clément et sévère, Ezilda prescrit îe silence. La multitude pressée obéit. Les montagnards lui prêtant une oreille attentive se défendent tout mouvement , et cherchent à retenir jusqu'à leur respiration. Le tonnerre ne roule plus; le ruisseau qui dans son onde pure réfléchit le roc merveilleux , semble s'arrêter en sa course ; le bruit des cascades lointaines n'arrive plus jusqu'à ces bords. Aucune feuille ne s'agite, aucun nuage ne se meut. La nature entière se tait.

« — Peuples des Cévennes ! s'écrie Ezilda , >) votre territoire est envahi, vos toits ont

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