‹ Le renégatChapitre 80 sur 334 · Livre m. i5i · texte numérisé non relu

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entièrement aux musulmans , ni se révolter ouvertement contre des oppresseurs abhorre's. Quel projet les attire donc en ces solitudes ? . . . ils l'ignorent. Ils sont malheureux en eux-mêmes comme hors d'eux-mêmes ; tourmentes par leur conscience , opprimes par leurs nouveaux maîtres j ils ont besoin d'un changement quelconque , d'un événement quel qu'il puisse être. Ils cherchent vaguement un refuge , un sauveur ,• ou plutôt sans but ils se fuient.

L'heure n'est point e'coulêe , et déjà les montagnards , semblables aux Hébreux du désert toujours avides de merveilles, et toujours doutant de leur Dieu, se lassent d'at- ' tendre et murmurent. Ceux d'entre eux qui

ont abjuré la foi chrétienne joignent le blasphème au sarcasme. Le bruit lointain de la foudre roulant sous les nuées ne retentit point dans leurs âmes en prophétiques échos. Les sublimes espérances n'appartiennent qu'aux

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cœurs sublimes ; et l'apostat , être déchu , tombé par son crime plus bas que la créature animale , a pour reprendre un noble rang un espace immense à franchir.

O merveilleuse vision ! . . . Tout-à-coup un vieilhard à cheveux blancs , imposant comme le destin , calme comme la confiance , solennel comme l'éternité , semble , en s'avançant sur l'esplanade basaltique , sortir des flancs de la montagne. Une femme , une vierge, un ange suit ses pas. Le vieillard s'agenouille ; d'une main il montre au peuple le ciel, et de l'autre présente Ézilda.

La fîUe des Gaules , du haut de sa tribune sauvage, porte ses regards vers l'assemblée. Sa tunique blanche , sur laquelle le ciel chargé d'éclairs lance par intervalles des reflets pourprés, paraît un vêtement fantastique, tantôt de diaphanes vapeurs , tantôt d'éblouissantes flammes. En sa belle chevelure noire, dont le

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