LIVRE T. i
» amertume la fîUe de Théobert. Pourquoi » lui-même ne comhat-il point en ces lieux « à la tête de ses deTenseurs ? Où donc est le )) soldat couronne que la France a proclamé » son héros ? Est-ce par de vaines ordonnan- » ces datées du nord qu'il prétend défendre » le midi? Ne fut-il élevé sur le pavois que » pour s'endormir sous la pourpre ? Ostalric , )) ce n'est qu'au champ de bataille que l'am- )) bitieux qui saisit ua sceptre maintient sa » couronne usurpée. Votre chef, sous la tente » guerrière , est le souverain de la France : » sous le manteau royal il n'est plus que » Charles.
» — Et vous aussi!., reprend douloureuse- » ment Ostalric, vous vous joignez aux enne- » mis de l'homme qui seul pourrait sauver en- » core la France et la religion chrétienne de » l'odieux joug des Musulmans ! — > Pourquoi » cet homme a-t-il renversé le trône des en- )) fans de Clovis? — Princesse , il ne l'a point
» renversé; le roi Thierri n'est plus; Clodo- » mir y son unique fils , est mort assassiné : la » race des Mérovingiens est éteinte. — Elle » ne l'est point , dit Ezilda. Parmi les princes » qu'éloigna de la cour le maire du palais , il » se trouve encore des descendans du vain- » queur de Tolbiac; mais Charles feint d'i- » gnorer leur existence. Qu'il ouvre enfin les » yeux! il va perdre à jamais son pays, s'il » ne renonce à le gouverner. Les suzerains (i) » puissans du royaume le rejettent et le tra- » hissent. Ces chefs altiers des provinces fran- » çaises , qui tous d'un commun accord eussent » combattu pour le prince légitime , refusent » d'obéir à l'homme de l'interrègne. — Et ces » orgueilleux, interrompt Ostalric, ces in-
(i) A cette époque on ne donnait point encore le nom de suzerains aux chefs des provinces gauloises. Mais comme il est le seul qui leur convient , j'ai cru pouvoir l'adopter, ainsi que d'autres expressions du même genre introduites depuis par la féodalité'.