‹ Le renégatChapitre 8 sur 334 · LIVRE I. i · texte numérisé non relu

LIVRE I. i

d'Ariane abandonnée , pleurant les rives de la Crète ; tandis que le fier Écossais , se prosternant devant elle^ eût cru revoir la fîUe de Fingal soupirant au torrent désert les triomphes passés de la Calédonie. Mais lorsque au contraire les beaux yeux d'Ezilda s'élevaient vers le ciel^ l'enthousiasme était l'expression de sa physionomie ; son ame sublime, se manifestant à l'observateur , semblait alors en rayons enflammés reprendre son essor vers la primitive patrie , et de la terre de l'exil prête à voler aux palais de gloire : en ces momens ce n'était plus ni la fille de Morven, ni l'odalisque d'Islambal (i), ni la prophétesse de r Armorique , ni la valkirie de Locklin , ni l'enchanteresse de l'Arcadie; c'était la chrétienne des temps de grâce , la compagne inspirée du héros de Tolbiac, la jeune vierge de Nan terre, la bergère de Vaucouleurs.

(i) Constantinople,

L'œil fixé sur la princesse, Ostalric oubliait et les desastres qu'il venait annoncer, et le sujet de sa mission , et la douleur qui l'accablait. O femme î consolation de l'infortune, premier présent fait par le ciel à l'homme , dernière création du sixième jour, chef-d'œuvre de la Divinité , ah ! quand votre ame s'offre pure, qu'étes-vous parmi les humains ! une pensée d'amour de l'Eternel.

La princesse a rompu le silence. « — Che- » valier , que venez-vous m'apprendre ? — La )) citadelle de Béziers, répond Ostalric, le )) dernier rempart de la Gaule narbonnaise , » est tombée hier au pouvoir de l'invincible » chef des Sarrasins , de l'impitoyable ^gobar. » Hélas ! les voix de la renommée , qui jadis » ne célébraient de toutes parts que les con- )) quêtes de l'empire, aujourd'hui ne portent » au loin que les désastres du royaume.

» — Et que fait Charles Martel?... dit avec

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