‹ Le répertoire national; ou, Recueil de littérature canadienneChapitre 119 sur 190 · LE PREMIER JOUR DE L'AN · texte numérisé non relu

LE PREMIER JOUR DE L'AN

L*année expire, une autre recommence.

Ainsi le flot au flot succède et meurt :

Sans en connaître encore Tinfluence, Un jour du moins, respirons le bonheiir.

Que sur Taile d'Eole Tout noir chagrin s'envole I

LE BIÊPEBTOIRE NATIONAL. 233

Et réunis dans le sein du plaisir, N'ayons qu'un cœur pour savoir en jouir !

Rappelons-nous comme autrefois nos pères, Avec transport, saluaient ce beau jour ; Ils devenaient tous amis et tous frères, L*aimable paix habitait leur séjour.

Les jeux, les ris, les grâces,

S*enchaînaient sur leurs traces ; Ils célébraient, dans leur joyeux élan, L'heureux retour du premier jour de Tan.

Qu'ils étaient beaux, hélas-! ces temps antiques, Temps de vertus et- de félicité !

Dissentions, querelles politiques Ne venaient point refroidir la gaité.

Etre à leur Dieu fidèles.

Au roi, comme à leurs belles :

C'est le motto qu'avaient pris nos ayeux.

Us y trouvaient le secret d'être heureux.

Ce jour du moins imitons leur exemple.

Faisons revivre encor le bon vieux temps !

Dans nos foyers transformés en un temple, Sacrifions aux plus doux sentiments I

Mais que sous son égide,

La sagesse nous guide

Faite pour plaire à l'esprit comme au cœur.

Elle ne prend des plaisirs que la fleur.

Mais quel penser trouble soudain nos fêtes, Et nous arrache à nos joyeux ébats ?

La foudre gronde au-dessus de nos têtes, La terre tremble et gémit sous nos pas

Plus de paix, d'harmonie,

Dans ma pauvre patrie I Quand des vautours lui déchirent le sein.

Comment ne pas trembler pour son destin ?

Faible roseau battu par la tourmente Qui va partout briser les nations.

Laisseras-tu ta tête chancelante Fléchir, tomber aux vents des factions F

234 LE KÉPSBTOIBE NATIONAL.

Noo ! oon I brave Forage !

Ranime too courage !

Ton front flétri ne sucoomben pas :

Vois Albion Tappuyer de son bras !

Mais bannissons des souvenin funèbres»

Autour de nous ils ramènent la nuit.

Que l*horizon, désormais)sans ténèbres, Fixe nos yeux sur le jour qui nous luit !

Aimons notre patrie, Que la paix, rharmonie.

De ce beau jour signale les transports, Et le bonbeur restera sur nos bords.

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