À SALABERRY
Quoil pas un mot pour te défendre !
Ta gloire, tes exploits, tout cela dans Toubli ! Ton nom est-il enseveli
Pour toujours sous ta cendre ?
Toi, le héros de Chateaugai, Toi, le vainqueur de la Pointe-aux-£rables, Ces noms impérissables Passeraient sans le tien à la postérité ?
Chaque fois qu*on écrit Falmanach des grands hommes. Déchire- t-on la page où brillait ton talent? L*encre est-elle effacée, ou si le firmament Qu*habite ton étoile échappe aux astronomes ? Où sont donc ces obus, ces bombes, ces boulets. Dont les Américains ont senti la brûlure, Et qui, sur leurs canons, gravaient ta signature Au bat de teiVaxxU ^x%^
LE SÉFBBTOIRE NATIONAL. 297
Où sont-ils donc ces jours d*OTgae31eu8e mémoire Où les feux du génie auréolaient ton front, Et séduisaient Clio qui cousait à Thistoire Le feuillet qu*elle fit pour illustrer ton nom ? U était beau ce temps où tu voyais tout rose ! Voir au ciel, et pour nous Thorizon s*éclaircir,
Et contempler dans Tayenir
Le socle où son apothéose S*élève grandiose, N*est-ce pas Fidéal du bonheur, du plaisir ?
Quand, de gloire eniyrée, une jeunesse altière Se ruait âme et corps sur les rangs ennemis!
Qui cédant au courage allaient dans la poussière
Former des monceaux de débris ; Ici, sous le plomb mortel qui rasait ton panache, Tu marchais à la tête, et montrais le chemin Où tes jeunes guerriers glanaient à pleine main
Leur part des lauriers qu'on t*amche.
Ces braves voltigeurs, trempés à ton creuset. Us étaient beaux à voir sur le champ de bataille! Demi-dieux par le cœur et géants par la taille. Us tordaient dans leurs bras F Amérique en arrêt !
Quand la mort vint poser ses doigts nus et livides Sur ton front où Bellone avait tracé des rides
Etrimmortalité; Quand ton âme, fuyant sa demeure argileuse, S*élançait vers son Dieu pour prendre, radieuse,
» Sa place à son côté ;
Vit-on nos citoyens, dans des groupes funèbres. Se pencher sur ta tombe et répandre des pleurs ? Ce jour fut-il inscrit parmi les jours célèbres. Dans le livre des cœurs ?
Mais j'interroge en vain : depuis longtemps la place N'était plus dans les cœurs qu'un vide, qu'un espace ; Le poète a jeté pour toi dans l'avenir
De l'encens et du baume ; Mais rhistoire dira qu'un héros, un grand homme, Trahit la liberté, qu'il aurait dû servir.
29t L£ BéP^fiTOntE JtA'îlOSAL.