L'AMOUR DE LA PATRIE
Pourquoi suis-je amoureux du sol de ma patrie ? Pourquoi la préféré -je au pays le plus beau? Et pourquoi mon désir que la même patrie Où joua moD enfauce accueille mon tombeau?
Pourquoi mon ftme est-elle abattue, alarmée, Quand je quitte à regret la viUe où je suis né ? Que je n*aperçois plus ondoyer la fumée Du toit qui me prêtait son abri fortuné ?
Et si j*ai terminé ma course aventurière, Que mon œil voit déjà les bords du Saint-Laurent, L*aspect des tristes lieux où repose ma mère, Pourquoi pour m^attendrûr est-il un tafisman ?
Pourquoi, si des amis stimulant roa paresse.
Me disent : ^ Voyagez pour former votre goût,** A suivre ce conseil qui me chasse et me presse N^éprouvai-je jamais que tiédeur et dégoût ?
C*est que je ne suis bien qu*au foyer de mes pères ; Là ma vie est plus douce et mes destins meilleurs : Je ressemble à ces fleurs qui n*ont de jours prospères Qu*au lieu de leur naissance et qui meurent adleurs t
«Ty trouve les objets de ma première ivresse, L*arbre qui me donnait son ombrage et ses fruits, Le beau fleuve où, nageur, j*exerçai mon adresse, Le collège où coulaient mes jeux et mes ennuis.
Là j*eus les compagnons de mes belles années; L'absence dans mon cœur n*a point versé Toubli ; Chaque jour j*aime à voir leurs têtes fortunées ; Leur nom dans le passé n'est point enseveli.
«Taime à vivre avec eux. Sur un autre rivage Je ne pourrais fixer mes pas et mon séjour ; Mon âme loin d*ici languit dans le veuvage £t ne saurait se plaire aux aitiitiés d*un jour.
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Je TÎmis an Talloo où Dieu m*a donné Fètre, Mon pays ett si beaa I Qae chercherais-je ailleurs? Qœl air serait plas pur, quel site plus champêtre ? Quelle terre embaumée étale plus de fleurs ?
«Taime à voir l*horizon bordé de ces montagnes Que gravissaient ma course et mes pas enfantins ; «Taime à rêver au sein de ces mêmes campagnes Où les jeux du bas âge ont bercé mes destins.
Tout vient y réveiller ma pensée endormie :
Le lieu le plus aride est un doux souvenir ; Même un roc décharné, sur cette terre amie, D*un bonheur qui n*est plus, me peut entretenir.
Je m*y sens imprégné d*une tendre atmosphère Où respire pour moi la paix et Tamitié :
Le bonheur que j*éprouve ou bien le sort contraire Y trouvent tour-à-tour la joie et la pitié.
Voilà pourquoi mon cœur sera toujours fidèle, A la terre adorée où coule mon destin ; Voilà pourquoi ma vie, enchaînée auprès d'elle. Veut s*endormir le soir où brilla son matin.
N, AUBIK.