QUARANTE ANS
Ah! qu*à dix ans, le réveil de Taurore A ma jeune âme apportait de gaité!
Sur mon visage il paraissait éclore, Comme une fleur de joie et de santé.
Notre soleil est-il moins chaud, plus pâle?
De mon jardin ses feux sont-ils exclus?
N*avons-nous plus la brise matinale?
Bien n*est changé ! mais j^ai trente ans de plut
Comme à vingt ans je croyais ma maîtresse.
Que mes amis me semblaient précieux.
Je u^aurais pu chercher sous leurs caresses Le piège adroit qui fascinait mes yeux.
A leurs serments pourquoi donc foire injure, £t maintenant douter de leurs vertus?
L'homme est-il &ux et la femme parjure?
Rien n*est changé ! mais j*ai vingt ans de phu.
Quand j*eus trente ans, je désirai la gloire, Je la briguai dans ma prose et mes vers:
Charmante erreur, hélas! qui me fit croire Qu'un jour mon nom parcourrait l'univers.
Brillants rayons qu*avait la renommée, Pourquoi pâlir à mes yeux abattus?
Quoi! votre édat n*était-il que fumée?
Bien n*eBt changé ! mais j*ai dix am de pluê.
N. AUBIH.
330 LE BÉPEKrontx hattonal.