‹ Le répertoire national; ou, Recueil de littérature canadienneChapitre 168 sur 190 · À L'HON. L. J. PAPINEAU · texte numérisé non relu

À L'HON. L. J. PAPINEAU

Pourquoi te prodiguer Foutrage?

Pourquoi cette impuissante rage.

Ces mots de traître, d*impo8teur, Vomis par Tesclaye cohorte. Quand d*un peuple la voix si forte Te proclame libérateur?

C*est que sur le globe où nous sommes.

Dieu nous a dit: vous serez hommea.

C'est que la terre ne produit Qu'en dénaturant la semence.

Le grain qui renferme Fessence D'où germe et nait le nouveau fruit.

Cest que la noire calomnie S'acharne toujours au génie:

Colomb, de chaînes accablé.

Le grand Colomb fut sa victime!

Eh! quel était donc son grand crime?

Par lui le monde avait doublé !

De leur joug ta main nous délivre.

Et nous avons comme au grand livre.

Nos docteurs de l'ancienne loi ; Dans leur tendre sollicitude Et pour sauver la multitude.

Criant : Il veut se faire rai!

A nos frères qui t'abandonnent.

Quand tes prodiges les étonnent :

Qui près de recevdr encor La Table à ta vertu commise.

Et près de la terre promise Vont sacrifier au Yeau-d'or

Sortant de l'immortelle enceinte.

L'homme aussi de la tribu sainte.

D'un zèle trompeur enflammé.

Et saisissant l'ignoble pierre Est venu crier sur la terre :

Aoathèmel IlaUatpkèmè!

LE BÉPERTOIRB NATIONAL. 331

Mais rhomme qae la vertu guide A son propre cœur pour égide ; Son glaive c'est la vérité. Quand il combat pour la patrie, Il n*entend que la voix qui crie :

La liberté ! la liberté I

Et qu'importent ces mots de traître, D'bomme rébelle au meilleur maître, Et l'écho de ces vieux refrains ?

H a pour lui ce grand tonnerre Qui vient de réveiller la terre :

Peuples^ vous êtes souverains.

Tandis qu'une bouche insensée Prodigue à l'idole encensée La vieille myrrhe des Loyaux ; Qui n'entend pas ce long murmure.

Cet autre cri de la nature :

Hommes^ vous êtes tous égaux f

Quand leurs remparts tombent en poudre.

Sous ta raison qui frappe en foudre.

Us s'envoloppent du mot : Roi ;

Faible voile qui se déchire

Au premier souffle qui vient dire:

Un peuple est le maître de soi.

Un peuple d'un autre le maître !

L'homme ne fait-il que de naître ?

Les yeux se ferment-ils au jour?

Quoi ! ses plus chères destinées En d'autres mains abandonnées.

Seraient détruites par un tour !

Quoi ! la force toute brutale Au plus fkible toujours fiitale Chez des hommes ferait le rang !

Non, noa : la coupe est trop amère ; Et puis, il faut à la chimère Trop de soupirs et trop de sang

Ah ! l'insensé qui pourrait croire A ces droits d'armes, de victoire,

332 LE BÉPBBTOmE NATIONAL.

Aux chaînes d'un peuple conquis ; Refuserait-il de comprendre Que les armes peuvent reprendre Des droits par les armes acquis?

Plongé dans d'épaisses ténèbres, Comme sous des voiles funèbres, Le monde engourdi reposait ; £t l'Hydre qui vit de ces ombres, A l'abri de ces voiles sombres, L'Hydre infernal grandissait :

Et les têtes de ce vampire, Tour-à-tour s'arrachant l'empire.

Dictèrent la loi du plus fort ; Et le sang versé comme l'onde.

Avait dessiné sur le monde, L*horribIe image de la mort.

Les tyrans! ils peuvent nous vendre, Mais leur mémoire va descendre Dans l'obscure nuit des tombeaux, Rapide comme un roc qui tombe.

Toi, tu flotteras sur la tombe.

Comme un grand phare sur les eaux

Sur toi leur haine s'est levée, Et ta lèvre s'est abreuvée De leur vinaigre et de leur fiel ; Mais l'aigle qui fuit la poussière, L'aigle qui ûxe la lumière.

L'aigle I... C'est le voisin do cieL

J. E. Tu&COTTB.

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