‹ Le répertoire national; ou, Recueil de littérature canadienneChapitre 70 sur 190 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

Adam écoute encore Fange qui a cessé de parler. Enfin revenu à lui, il fait les plus vifs remercîments au narrateur. Il se livre à de profondes réflexions sur lui-même, sur la terre, les globes, enfin sur tout ce qui l'environne. Eve, qui n'entend rien à ces entretiens sublimes, s'en va dans son jardin; elle ne veut s'éclaircir sur les propos de l'ange qu'avec son époux. Raphaël, à la prière d'Adam, lui fait une longue description astronomique du mouvement des cieux, et l'exhorte à ne pas désirer d'en, savoir plus long. Adam, docile à la voix de l'ange, réprime sa curiosité, et lui parle de sa reconnaissance pour Dieu, et de ses devoirs. Raphaël lui répond que Dieu l'a comblé de tous ses dons: il lui dit aussi que, lors de sa création, il avait été explorer, avec une puissante escorte, l'endroit où Satan était enfermé; car on craignait que les prisonniers ne forçassent les barrières qui leur étaient opposées. Il finit en le priant de lui faire part des sentiiàents qu'il éprouva lorsqu'il commença d'exister, et de ce qui lui arriva ensuite. Adam le fait d'une manière admirable. C'est là où Milton étincelle du feu d'un génie sublime ; c'est là que l'on se sent pénétré d'admiration pour cet homme qui a pu ainsi imaginer et décrire les sentiments du premier des humains.

Raphaël prend congé de son hôte, en l'exhortant à se méfier de Satan, son plus cruel ennemi. Tandis que le messager céleste se lève pour partir, son hôte lui dit adieu ; il le supplie de revenir encore dans sa demeure ; et ils se séparent tous deux.

Page 1