LA CHANSON DU VOYAGEUR CANADIEN
TRABUCnON Dfi LA CHANSON ANGLAISE DE MOOBE.
Aux approches da soir, aux sons lents de Tairain, Nos voix à TiHikson, no» lames en cadence.
Quand Fombre des forêts se perd dans le IcHutain, A Sainte Anne, chantons ThjFmne de k partance. Ramons, camarades, ramons,
Les courant» nous devancent.
Les rapides s*avaneent, La nuk descend dans les yallons»^
Et pourquoi dérouler la voile en ce moment?
Nul zéphir n*a ridé la surface de Tonde :
Mais si loin du rivage Eole nous portant, Rend la rame au repos ... entonnons à la ronde:: Soufflez, soufflez, brise, aquilons, Les courants nous devancent, Les rapides s*avancent,, La nuit descend dans les yalTons.
(}) Thomas Moore, rAnacréon moderne, est un des premiers poètes du^ jour. Son goût exquis n'a pas dédaigné un sujet purement canadien ; et la grandeur des sites et ht simpiicîté des mœurs du pays ont su échauffer son enthousiasme. C^st au moins on dédommagement bien flatteur pour les prétendus ^goûts que certains aventuriers affichent sur tout ce qui tient au Canada. Le tradtacteur n'ose se flatter d'avoir fait passer dans notre langue la beauté d'expression qui caractérise son orig^nat H aura rempli sa tâche, s^I le fait connaître à ses compatriotes sans trop îe défigurer. — Note du trctdUcteur,
Les couplets ci-dessus sont censés chantés par les voyageurs qui vont au Grand-Portage par la ririère dbs Outaonais. Voir, pour Tes détails de cette prodigieuse entreprise, l'Histoire Générale du Commerce des Felleteriesr servant de prélimmaire au Journal dé Sir Alezander M*Kenzie.
** Au rapide de Ste. Anne, ifs sont obligés dé décharger leurs canot» *^ d'une partie, sinon de la totalité, de leurs cargaisons. C*est de ce lieu ** que les Canadiens se considèrent comme partant pour les pays d'en haut: ^ car on y Toxt la dernière église qu'il y ait sur l*ile, et qui est dédiée à la ** patronne des voyageurs." — HUioire Générale du Ommerce dea Pdkaiiftcs»
LE R^ERTOIRE NATIONAL. 15S
RÎTes de TOttawa, Tastre pâle des nuits, Nous attend sur vos flots. Rends-nous les vents propices, Patronne de ces lieux! toi qui nous conduis Donne à Fair la fraîcheur ! voguons sous tes auspices. Soufflez, soufflez, brise, aquilons.
Les courants nous devancent, Les rapides s'avancent, La nuit descend dans les vallons.
Dominique Mohdblbt (^).