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qui, sous ses professeurs actuels, a pris un rang si élevé parmi nos maisons de haute éducation, on a commencé à s'occuper d'économie politique ; dans ce cas cette institution aurait eu le mérite d’avoir la première su deviner un grand et pressant besoin social. Prions-la de poursuivre cette œuvre utile; prions nos autres collèges de suivre son exemple. Prions aussi nos législateurs de fournir à notre jeunesse studieuse les moyens de perfectionner l'étude de la science commencée dans nos ccilèges. Le professorat, on le sait, épargne un travail et un temps considérables à l'étudiant ; il montre du premier coup la route à suivre ; il en désigne les écueils, en aplanit les obstacles, en prévient les écarts. Il faut apprendre tant de choses dans un jeune pays comme le nôtre, où la division du travail n’est pas encore rendue où elle en est dans les vieux pays, qu'on ne saurait trop épargner le temps de la jeunesse. Et l'argent qui serait employé à cette fin ne saurait être plus profitablement approprié. Quelques centaines de louis annuellements votés pour des chaïires d'économie politique, pendant quelque temps, vaudraient à la province des centaines de mille louis, soit en pertes évitées, soit en gains occasionnés par la diffusion de connaissances économiques.
Avant de prendre congé de vous, permettez-moi d’adresser un mot d'encouragement au travail à cette belle jeunesse canadienne, dont je vois l'élite se presser autour de cette tribune. La jeunesse, c’est l’âge des vertus patriotiq < fortes et pures. À cet âge, les vues d'intérêt personnel ne viennent pas glacer les élans du cœur, non plus que les mauvaises passions, excitées par des luttes politiques prolongées, ne faussent le jugement ni ne l’obscurcissent. Oh ! qu’elle serait puissante la jeunesse avec sa surabondance de force et de vitalité, si l’expérience n'était le fruit de longues années d'apprentissage. Eh bien, cette expérience vous pouvez en accélérer prodigieusement l'acquisition par l'étude : les livres, les bons livres sont les dépôts de l'expérience des siècles passés.
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Li RÉPERTOIRE NATIONAL 41
Tous y trouverez les moyens de devenir en peu de temps les pères de la patrie, les protecteurs de vos frères, les apôtres du progrès. Je vois vos yeux s'animer au mot patrie, j'entends battre vos cœurs au mot frères, et votre imagination s'échauffe au mot progrès. Voulez-vous ne pas rendre vaines et infructueuses vos aspirations de jeunes hommes, hâtez-vous de vous rendre maîtres de la science qui traite de la richesse des nations. Par là vous donnerez parmi nous une bonne direction au travail, source de toute richesse, et vous nous assurerez en même temps tout le profit que nous avons droit d'attendre de votre travail. L'homme s’anime, se complaît au travail, quand il s'en voit convenablement récompensé. Pour moi, je n'ai jamais compris que Dieu eût imposé le travail à l'homme comme une peine, quoique je croie comprendre que nos sociétés artificielles, plus ou moins entachées de privilèges et de monopoles, aient donné une apparence pénale à un des plus beaux décrets du Tout-Puissant. Eh ! le travail ne rapproche-t-il pas l'homme du Créateur en le rendant créateitr lui-même? Ne voit-on pas Dieu travailler lui-même pendant six jours et se reposer le septième? Et Dieu en créant la matière, et en laissant à l'homme le soin de donner, de créer de la valeur, de l'utilité à cette matière, ne semble-t-il pas l'avoir appelé à compléter son œuvre, l'avoir pour ainsi dire associé à son travail des six jours? Oh! messieurs, une pareille association vaut bien les titres de noblesse que se transmettent des générations de fainéants; et le travailleur, l’homme industrieux aurait grandement tort d’être humilié de son état : lui seul remplit réellement les vues du Créateur. Tout ce qu'il lui faut, c'est qu'il recueille le fruit de son travail : ce fruit, c’est la richesse, le bienêtre ; et pour l’homme, le bien-être, c'est le progrès, le perfectionnement. j
Aïnsi, messieurs, vous voyez que la science de l’économie politique qui préside à la richesse est la science du progrès par excellence. Que les vérités qu'elle enseigne
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