‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 123 · TRE ET · texte numérisé non relu

TRE ET

PART à 2 RAR SE RO = on = zmvcrrsese -

gents ne savoir s'élever au-dessus de la sphère routinière d'une profession, et, par un bon emploi de leurs loisirs, agrandir le cercle de leurs connaissances, et par là le moyen de se rendre utiles à leur pays. Vous le dirai-je ? j'ai vu des lettres d'hommes de profession assez distingués pulluler de fautes grammaticales des plus grossières,. Que penser alors de ces connaissances générales qu'il n’est pas permis à un homme bien élevé d'ignorer ?

J'ai dit aussi qu’il y en avait parmi nous, et c'était le plus grand nombre, qui ne travaillaient pas comme il le fallait, et 1à je voulais faire allusion à cet esprit stationnaire et routinier qui embarrasse encore la marche de notre industrie, et l'empêche äe progresser à l'égal de celle de nos voisins et des nouveaux arrivés au milieu de nous. L’industriel anglo-saxon, qu'il soit artisan ou cultivateur, entend, au moyen de son art ou de son métier, s’avancer, s'élever dans l'échelle sociale, et à cette fin il est sans cesse à la recherche des moyens ou procédés d’abréger, de perfectionner son travail, et le plus souvent il y réussit. Il sait que tout est perfectible, que tout s'est perfectionné avec le temps ; il lit tous les jours dans son journal, que tel et tel qui ne valaient peut-être pas mieux que lui ont introduit tel perfectionnement, fait telle découverte . . pourquoi n'en ferait-il pas autant? Chez nous, au contraire, nos industriels semblent croire que leurs pères leur ont transmis leur art dans toute la perfection dont il est susceptible. Ils vous regardent avec surprise, avec pitié même, si vous leur parlez d'amélioration ; et ils croient avoir répondu à tout, lorsqu'ils ont dit: nos pères ont bien vécu, faisant de cette manière ; nous vivrons bien comme eux. Eh bien ! non, vous ne vivrez pas comme vos pères, en faisant comme eux. Vos pères vous ont légué votre art dans l’état où il était en Europe, il y a deux siècles ; mais, pendant que l’art était stationnaire ici, il marchaït là-bas. On y a introduit mille perfectionnements que vous ignorez, vous, mais que n’ignorent pas ceux qui sont venus et

vie que cor pro pèr me vou plu ron vos ceu si € flat!

slot nati vou mai sacr vou:

rien vie

Te

viennent en foule se fixer parmi vous et autour de vous ; que n’ignorent pas non plus vos voisins que vous rencontrez sur les marchés où se règlent les prix de vos produits. Non, ne vous flattez pas de vivre comme vos pères, lorsqu'ils étaient seuls ici. Hâtez-vous de vous mettre au niveau des nouveaux venus, sinon, attendezvous à devenir les serviteurs de leurs serviteurs, comme plusieurs d’entre vous l’êtes déjà devenus dans les environs des grandes villes. Hâtez-vous de faire instruire vos enfants, et regardez comme vos plus grands ennemis ceux qui, dans des vues qui ne peuvent être que perverses, si elles ne sont le fruit d'un déplorable aveuglement, flattent de funestes préjugés, soulèvent de folles appréhensions, pour vous détourner de prêter la main à l’œuvre nationale de l'éducation du peuple. Si les lois existantes vous paraissent fautives, tâchez de les faire réformer, mais en attendant exécutez-les de bon cœur. Que les sacrifices ne vous coûtent pas, car vous allez décider, vous, la génération virile, pour vos enfants et votre race, rien moins qu’une question de liberté ou de servitude, de vie ou de mort sociale et politique.

Maintenant que nous avons suffisamment établi, ce me semble, l'opportunité, l'utilité actuelle qu’il y a pour nous de nous occuper un peu de la question du travail, nous allons aborder de plus près notre sujet. Je n'ai pas besoin de vous dire que la question du travail tenant à ce qu'il y a de plus élevé dans la phi:osophie, la morale et l’économie politique, je n’ai jamais eu la pensée de traiter régulièrement un sujet qui, pour l'être convenablement, demanderait plus de temps et surtout des talents et des connaissances que je n'ai malheureusement pas. Tout ce que je veux et puis faire, c'est de présenter quelques considérations propres à rehausser le travail, à le faire aimer et honorer et à en montrer l'obligation pour tout le monde. Et même dans le cercle modeste que je me trace, ne devez-vous pas vous attendre à un discours académique, conçu d’après les règles de l'oraison? Quand

j'aurais eu les loisirs nécessaires pour préparer une composition régulière, je ne sais si j'en aurais eu le courage, tant les exigences et les habitudes de ma vie littéraire ont été opposées à un pareil travail. Ne vous attendez donc, messieurs, qu'à une espèce d'improvisation ; car il y a, comme le savent ceux qui écrivent, une improvisation de la plume aussi bien qu'une improvisation de la parole. Aussi, nous allons entrer dans notre sujet, comme nous le ferions dans une promenade chamnêtre, marchant au caprice de notre imagination ; © ant à chaque objet agréable à mesure qu’il se présentera, qu'il soit en avant, à droite ou à gauche ; revenant même quelquefois sur nos pas pour revoir un objet auquel nous n’aurions donné qu’un coup d’œil en passant. De cette manière, notre course sera moins méthodique, mais peut-être gagnerons-nous en mouvement, en variété, une partie de ce que nous aurions obtenu avec l’ordre et la symétrie. Le seul objet que j'ai en vue et auquel il me soit permis d’aspirer, c'est d'attirer l'attention de la belle jeunesse qui m’écoute sur quelques points saillants du sujet qui nous occupe ; de jeter dans son esprit quelques humbles germes qu’elle saura faire fructifier à son propre avantage, à celui même du genre humain, et à la gloire de Dieu. Si je puis contribuer à raffermir l’idée qu’elle a déjà, sans doute, de la haute origine comme de la noble fin du travail, à le lui faire aimer et honorer, et surtout à lui en inspirer le goût, quelle que soit la route que j'aurai suivie, j'aurai atteint mon but.

Quel est celui d’entre nous qui n’a pas rencontré ou connu de ces soi-disant bonnes mères, qui sont presque fières qu’on leur dise qu'elles gâtent leurs enfants, n'ayant jamais pensé ou voulu croire aux conséquences fatales qui résultent presque toujours, pour ces malheureux enfants, de l’aveugle faiblesse de leurs parents? Passe encore pour les enfants issus de parents peu fortunés ; ceux-là, on serait bien coupable de ne pas les habituer de bonne heure au travail. Il faudra donc surmonter sa

NS RTS TEE GM RE 22

pare VER

comrage, > ont [onc, y a, n de role. us le t au objet ant, n10S u’un )Jurse nous nous objet c'est e sur ; de 1 ’elle 1ême conde la e lui er le aurai é ou sque yant tales reux passe nés ; er de br Sa

tendresse de mère, et bon gré mal gré tenir le moutard à l’école jusqu'à la quinzaine ou la vingtaine, pour alors entrer dans une étude, un comptoir ou une fabrique. Mais le fils de Mme***, fi! donc. M. George n'aura jamais besoin de gagner sa vie ; elle est toute gagnée. Ne serait-ce pas cruel, vraiment, de soumettre ce pauvre enfant à suer et sécher sur des livres? Non; M. George étudiera si cela lui plaît, ce qui veut dire que M. George n'étudiera pas, et qu’au sortir du collège, —s'il a bien voulu y aller, —il ne saura rien, n’aura pris aucune habitude du travail, et ne sera bon à rien qu'à dépenser la fortune que lui laisseront ses père et mère. Je suppose, cependant, que M. George est une bonne pâte d'enfant, qui dépensera son argent honnêtement, sans excès, sans débauche d'aucune espèce. Seulement il ne sera bon à rien autre chose. Aussi, comme la bonne maman est heureuse de l'excellente éducation qu’elle a procurée à son fils, qui est si sage, qui se comporte si bien ! Quel ne serait pas l’ébahissement de cette mère, à moins qu’elle ne me prit pour un fou, si je lui disais: Madame, votre fils est un homme dégradé, un fort mauvais citoyen, et un ennemi de Dieu.—Mon fils, mon fils ! . . que lui est-il arrivé, qu’a-t-il fait ?—Rien, madame, si ce n’est qu'il ne fait rien.—Mais je ne vous comprends pas.—C'est possible. Alors veuillez m’écouter, et vous comprendrez. C'est une bien étrange aberration de l'esprit humain, chez certains peuples et dans certains siècles, que le travail ait été un objet de mépris, tandis que l'oisiveté était préconisée, honorée ; que l’on ait cherché à échapper à l’un, non pas seulement à cause des fatigues qu’il entraîne, mais par une certaine honte qu'on y attachait ; tandis que l’on soupirait après l’autre, non pas tant à cause des prétendues douceurs qu'elle procure, que de l’honneur et de la considération dont elle était follement entourée. Mais si l'homme a été créé pour travailler, — et c’est admis, et si ce ne l'était pas, c’est démontrable, — celui qui ne travaille pas n'est-il pas en flagrant délit de

Page 1