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relations politiques et commerciales avec la Grande-Bretagne ; qui voient la mère patrie nous concéder un à un les privilèges qui préparent les colonies à l'indépendance, et qui ne font rien pour mettre la jeunesse canadienne au niveau de la nouvelle position que va prendre le pays et vis-à-vis l’ Angleterre, et vis-à-vis les colonies inférieures et vis-à-vis les États-Unis.
Cependant, la jeunesse franco-canadienne semble comprendre parfaitement les devoirs qu'elle aura à remplir dans quelques années. Elle a secoué l'apathie proverbiale de ses ancêtres. Semblable à la chrysalide, débarrassée des liens qui la retenaient dans la poussière, elle prend son essor vers les régions élevées du progrès ; elle s'agite, se remue, enfante et détruit sans ni se lasser, ni se décourager, ni se désespérer. Elle a fondé en peu d'années la société Saint-Jean-Baptiste de Québec, les sociétés ues études scientifiques et de discussion de la même ville ; la société littéraire et dramatique des Trois- Rivières ; la société des Amis et l’Institut canadien de Montréal ; elle a fondé des sociétés nationales et des journaux dans les campagnes et dans les villes. Connaissant le pouvoir de l'association, elle se réunit pour tout ce qu'elle veut entreprendre, en disant comme Lamennais, ‘‘ ce qu’un ne peut faire, dix le feront.’
Bien des gens, dont tout le mérite consiste en un excessif amour de la critique, se moquent des travaux et des œuvres informes de la jeunesse, sans comprendre le principe interne dont ces travaux et ces œuvres sont la manifestation. Si la jeunesse s'agite, se remue, c’est qu’elle sent en elle des besoins que la société ne satisfait point. Si elle fonde des associations nationales ou littéraires, c'est parce que les hommes mûrs ont toujours négligé de le faire. Si elle établit et rédige des journaux, c'est parce que les hommes qui devraient en établir et en rédiger pour elle n'ont pas le courage ou le patriotisme de le faire.
Ses œuvres sont informes, dit-on, ses entreprises mes-
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quines et quelquefois ridicules; j'avoue que cela peut être vrai jusqu'à un certain point, mais le fait en luimême, l’œuvre ou l’entreprise, est une preuve que la jeunesse a de la volonté, de l'énergie et qu'elle travaille : si l'expérience lui manque, laissez faire, le temps lui en donnera suffisamment, et elle polira alors ce qu’elle ne fait qu’ébaucher aujourd’hui.
Que les moqueurs, les critiques et les satiriques des salons, des boudoirs ou des coins de rues, citent à la jeunesse franco-canadienne les exemples qu'ils lui ont donnés; qu'ils lui montrent leurs travaux, leurs œuvres, leurs écrits, comme modèles à suivre, et les jeunes gens laborieux seront heureux de les imiter, de les copier s’ils ont quelque mérite. Mais s'ils n’ont rien produit et ne produisent rien encore; s'ils n’ont jamais travaillé et ne travaillent pas encore ; s'ils n'ont jamais connu le vrai patriotisme et ne le connaissent pas encore ; s'ils ont toujours été des nullités et le sont encore ; si par leurs niais propos ils ont toujours nui au progrès de la nationalité canadienne et lui nuisent encore; qu'ils soient à jamais honnis et méprisés par tout jeune homme studieux ou laborieux qui sent un cœur battre dans sa poitrine et l'intelligence remuer son esprit, car, comme le dit un livre chrétien, ‘‘ leur parole n'est qu’un vain son qui frappe ‘l'air et ne nous touche pas.”’
Puisque la jeunesse canadienne-française est abandonnée à elle-même; puisqu'elle n’a aucun secours, aucun appui à attendre du gouvernement et de ses indolents concitoyens ; puisque seule elle doit se forger des armes pour défendre, dans quelques années, les intérêts du Canada français dans les combats constitutionnels que se livreront les partis politiques ; puisque seule elle doit se préparer à lutter contre l'industrie et le commerce étrangers ; que par l'étude, le travail, les sacrifices, la volonté, l'énergie, le courage, la persévérance, l'union et l’encouragement mutuel, elle se montre digne de l'appui qu’on lui refuse, et capable de suppléer en quelque sorte, par
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