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mences et des bestiaux. L'établissement de semblables sociétés serait un bienfait national ; et l’on verrait bien vite le Canada français, au lieu de rester renfermé dans l’étroite vallée du Saint-Laurent, s'étendre d’un côté au Saguenay, de l’autre dans les townships de l'Est, et aussi, en toute probabilité, dans les fertiles contrées du Haut- Canada, où nous comptons déjà plus de quinze mille de nos compatriotes.
Voilà, messieurs, comment avec un peu d'énergie et de patriotisme l’on pourrait travailler à la consolidation de notre nationalité, en instruisant la jeunesse franco-canadienne, ou plutôt en complétant l'instruction qu’elle reçoit aux collèges et aux écoles élémentaires ; en lui facilitant l’étude du droit et en organisant les professions; en lui ouvrant des écoles pour l’étude de certains arts, de certaines sciences, du commerce et de l’industrie; en établissant des fermes-modèles pour l'instruction des cultivateurs ; et finalement en achetant des terres pour les revendre aux jeunes gens des campagnes que la pauvreté chasse du pays.
Dans tout ce qui précède, je ne vois rien d'impraticable, au contraire, je vois des choses très faciles à faire pour des hommes de bonne volonté qui seraient animés d’un esprit de patriotisme sincère. Mais du patriotisme, messieurs, j'en entends souvent parler, mais je suis encore à découvrir ce qu’il a fait de bon, de palpable, de durable pour la jeunesse franco-canadienne. Retranchez les noms de quelques bons prêtres et de quelques laïques qui ont fondé ou soutenu des collèges, de la liste des patriotes que nous connaissons tous; retranchez encore ce petit nombre de citoyens qui nous ont encouragés dans nos efforts pour maintenir et agrandir notre Institut, et je vous déclare sincèrement que parmi tout le reste je n’en vois pas un qui mérite de porter le beau nom de patriote, d'ami de son pays. Mais cet amour du pays ne doit pas être un vain nom, une affaire de convention ; ce ne doit pas être seulement une affaire d'élection ou de
insti cana Amé ranc!
Ils grès
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gazette; ce ne doit pas être une chose dont l’on se revêt comme d’un bel habit pour aller au bal. Non, le patriotisme n'existe pas sur les lèvres, mais dans le cœur; il n'existe pas dans les paroles, mais dans les actions. Et où sont les actions de tous ces grands patriotes, à discours interminables, que nous voyons se débattre avec tant de fracas dans les rangs ministériels, dans le juste milieu et dans l'opposition ? Quelles institutions ont-ils créées ? Quelles sociétés ont-ils fondées? Qu'ont-ils entrepris pour l’avantage de la jeunesse canadienne? Rien, messieurs, rien. Heureux encore avons-nous été lorsqu'ils n’ont pas entravé les efforts des jeunes gens qui désirent voir sortir notre population de l’état d’infériorité où elle se trouve. On peut dire des hommes de notre temps ce que Chateaubriand a dit des hommes de la restauration, que dans une lutte misérable d’ambition vulgaire on a laissé le monde s'arranger sans guide.
N'avons-nous pas nous-mêmes, dans nos efforts pour rendre l’Institut canadien aussi utile qu'il doit l'être, éprouvé toute espèce de refus de la part des gens que leur position sociale devait engager à nous prêter leur appui ? Avons-nous pu trouver plus de quatre /ec{ureurs dans une grande cité comme Montréal, qui renferme tant d'hommes de talent et de science? Sous les plus simples prétextes n’a-t-on pas refusé de descendre au milieu de nous pour nous instruire, malgré nos pressantes sollicitations ? L/'indifférence et l’apathie des hommes instruits ont paralysé en partie les vues de l’Institut. Nous espérions voir les amis du pays se servir de l’Institut pour répandre l’instruction et le goût de l’étude au milieu des jeunes gens de la capitale; nous espérions les voir profiter de cette institution pour préparer les jeunes générations francocanadiennes au rôle important qu’elles doivent remplir en Amérique ; mais nous avons été déçus dans nos espérances.
Ils sont bien coupables les hommes qui voient le progrès des idées tout changer, tout renouveler dans nos