LA FEMME
Et la femme est si belle et si douce en ses mœurs, Source de pureté qui nous donne la vie,
Un ange sur la terre, à qui Dieu nous confie
Pour faire notre joie et nous rendre meilleurs.
Tu la vois à genoux, auprès de ton berceau, Lever les yeux au ciel, enfant, elle est ta mère ; Ses larmes, ses soupirs t'éloignent du tombeau ; Dieu prolongeant tes jours exauce sa prière.
Et toi tu te fais homme et sur ton noble front Rayonne la fierté, l'amour de la patrie.
Au faîte des honneurs on proclame ton nom. Combien tu dois de soins à ta mère chérie !
Au milieu des plaisirs que t'offre le hasard, Tu vois encor ta sœur, riante jeune fille, Enlacée à ton bras, demander ton regard:
Sa beauté plaît à tous, son innocence brille.
Vierge tendre et naïve, elle veut ton amour, Ton amour fraternel qui remplit sa pensée, Et t'offre sa candeur qui te paie au retour, Jimpide et vivifiante ainsi que la rosée.
Mais la plus sainte chose est l'épouse que Dieu Te remet à l’autel, entre toutes choisie ;
Son pur tressaillement t’anime d’un doux feu ; Tu goûtes le bonheur, jouis de sa poésie.
Homme, oh ! tu dois l’aimer, tu sais son dévouement, L'éclat de ses attraits charme ton existence,
Tombe donc à ses pieds et fais-lui le serment
Qu’à son âme soumise elle aura ta constance.
Et toi devenu père, au jour de ton désir,
Qui connais ton devoir en ce moment d'ivresse, Tu promets au Seigneur d'oublier le plaisir Pour ceindre ton enfant d’une vive tendresse.
Ah! sème sur ses pas les plus brillantes fleurs, Orne-la de vertus, épanche le calice
Qui donne tant de joie et remplit de douceurs
La vierge en son printemps pour qu’elle ne périsse.
Car la femme est si belle et si douce en ses mœurs, Source de pureté qui nous donne la vie,
Un ange sur la terre, à qui Dieu nous confie
Pour faire notre joie et nous rendre meilleurs.
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C'était un samedi soir, la pluie tombait par torrents . . gi l
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Une femme à haute taille était assise dans une pauvre maison, sur la seule chaise qui restait. Malgré sa maigreur extrême et les traces que la misère et le chagrin avaient empreintes sur sa figure, on reconnaissait encore en elle les vestiges d’une femme aussi belle qu'aimable. Elle chantait à demi-voix, sur un ton doux et plaintif, comme pour calmer les douleurs d’un petit enfant malade dont
les cris déchiraient le cœur ; à côté d'elle on voyait une petite fille assise sur le plancher, et dont le regard douloureusement fixé sur sa mère, semblait demander quel que chose. Et la pauvre mère, navrée de douleur, cherchait à sourire à son enfant. Pour cacher les larmes qui roulaient sur ses joues, elle disait à voix basse: ‘‘ Ma ** chère enfant, il va bientôt arriver, alors ma bonne petite ‘* fille aura à souper . . ”
Un instant après, la porte s'ouvrait pour laisser entrer un enfant dont la bonne mine et la beauté se faisaient jour à travers les haïllons dont il était couvert. ‘‘Ils n'ont ‘‘ rien voulu m'’avancer, ma chère maman, dit-il avec un ‘* ton de désespoir. Ils disent que mon père ne fait que ‘* boire, et qu'ils courent risque de ne pas être payés pour ‘* ce qu'il nous ont déjà donné , . '’ Le pauvre enfant, étouffé dans les sanglots, ne put en dire plus long. La malheureuse femme reste quelques moments muette de douleur. Enfin reprenant quelque force: ‘‘Eh bien! ‘‘ Édouard, qu'allons-nous devenir? . . c’est demain ‘* dimanche, et nous allons certainement mourir de faim, ‘‘à moins que tu n'ailles de nouveau . . (elle n’osait ‘‘ prononcer le mot) chez ton oncle, pour lui demander ‘‘ quelques schellings. Il me semble que si tu lui fais con- ‘* naître l'affreuse misère à laquelle nous sommes réduits, ‘‘ il ne pourra nous refuser . . ’’ L'enfant veut en vain cacher la peine que lui cause la proposition de sa mère ; ses joues si pâles se teignent tout d'un coup d’un rouge écarlate par la violence qu'il se fait : son bon œil si doux brille d'un éclat inaccoutumé.—"' Oh! ma mère, s’écrie- ‘* til, que me demandez-vous? . . Non, jamais, jamais . ‘‘ j'aime mieux mille fois souffrir les horreur de la faim, ‘‘ j'aime mieux quêter . . j'aime mieux mourir. . Oh! ‘ ma mère, je vous en conjure, ne me commandez pas ‘* d'aller chez mon oncle. .’’ Et en prononçant ces paroles, il se cachait le visage entre ses mains, qu'il tenait appuyées sur la table.
Il s'ensuivit un long silence, qui ne fut interrompu
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que par la petite fille: ‘* Maman, dit-elle, vous m'aviez “ promis de me donner à souper, lorsque Édouard serait ‘de retour; je vous en prie, j'ai faim, donnez-moi donc ‘un petit morceau de pain . . Vous ai-je donc fait de la ‘ peine, chère petite maman, pour que vous ne m'ayez ‘rien donné à manger aujourd'hui? je n'en puis plus .
‘* Mais pourquoi donc pleurez-vous ?'" La mère, pressant cette chère petite, ne put lui répondre que par ses sanglots . . En ce moment, Édouard levait la tête de dessus la table ; son visage était revenu à sa pâleur naturelle, et cet air de vivacité qu'il avait un instant auparavant, avait fait place à l'abattement. Il s'avance vers sa mère, passe ses bras autour de son cou, et l’embrasse avec toute l'effusion d'un bon cœur. ‘Chère et tendre mère, lui dit-il, ‘‘ pardonnez-moi, je vous en prie. . je ne savais ce que ‘‘je disais, . Oh! je vous en conjure, ne me faites pas ‘mourir avec ces larmes que vous versez et qui me ‘reprochent le malheur que j'ai eu d'augmenter vos ‘chagrins par ma désobéissance. Je pars tout de suite .
‘* Après tout, il ne peut toujours me traiter plus durement ‘qu'il l’a fait l'autre jour . . Ma mère, ma chère mère, ‘‘ prenez un peu de courage, je vous en conjure ; priez