‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 2)Chapitre 41 sur 123 · DERNIERS SOUPIRS LA JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

DERNIERS SOUPIRS LA JEUNE FILLE

La nature est aimable au retour du printemps, Flore embaume les lis et donne son encens Aux guirlandes de roses,

Mon âme était soumise aux vives émotions, Et le jour le plus beau me prêtait ses rayons. Je voyais douces choses.

Quand la brise venait caresser mes cheveux, Assise’sous le hêtre, en regardant les cieux, J'élevais ma pensée.

(1) M. Charles Chiniquy est né à Kamouraska, district de Québec, le 30 juillet 1809. Après avoir fait son cours d’études au collège de Nicolet, il fut ordonné prêtre le 21 septembre 1833; puis ayant été curé de Beauport et de Kamouraska, il entra chez les Pères Oblats, à Longueuil, et au bout de dix-huit mois il abandonna ces derniers religieux pour se livrer entièrement à la prédication de la tempérance dans l’usage des liquenrs enivrantes. Ila eu de beaux succès dans la cause dont il s’est fait l’ardent apôtre : à son appel des milliers de personnes se sont rangées sous son drapeau. Comme récompense de ses rudes travaux, les adeptes de la tempérance à Montréal lui présentèrent une médaille d’or, le 15 juillet 1849, et l’assemblée législative lui vota une somme de cinq cents louis. Il a publié un Manuel de flempérance, dont nous avons extrait quelques pages, afin de donner une idée du genre et du style de M. Chiniquy. Il collabora aux é/anges religieux de 1846 à 1856. Son apostasie, en 1857, a profondément affigé tous les cœurs catholiques, l’a rendu tristement célèbre.

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Et l'étoile du soir recevait mes désirs.

Tout me paraissait d’or. J'ai connu les plaisirs Purs comme la rosée.

Hélas ! dans mon chemin tout parsemé de fleurs, La vie était pour moi si pleine de douceurs . Je finis ma carrière.

De ce monde joyeux l’aspect le plus brillant M'entraînait dans sa course et me laisse en mourant, Mon Dieu! la froide bière.

Ma beauté se flétrit qui parlait aux amours.

Il faut donc tout quitter et périr pour toujours . Mais la mort a des charmes.

Au chevet de mon lit veille la piété, Qui me dit à genoux : pense à l’éternité !

Oh! c'est ma mère en larmes.

Si ma faible existence a méconnu ta loi, Mon cœur s'est repenti; Seigneur, pardonne-moi, J'adore ta parole .

J'abandonne la terre et je meurs sans regrets, Bénissant de mon Dieu les trop sages décrets . Mon âme au ciel s'envole,

CHS LÉVESQUE

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