C. CHINIQUY
CHANT NATIONAL Sur l’air du ‘CrranN DU DÉPART :”’ La victoire en chantant, etc.
Amis, d’:1 nonvel an nous saluons l’aurore :
Duels destins vient-elle éclairer ?
Conin:: au temps d'autrefois, reverrons-nous encore Ie bonheur assis au foyer, L'abondance au sein des campagnes, Jes douces vertus au hameau, Et l'horizon de nos montagnes Briller des feux d’un jour plus beau ?
Héritiers d’un passé de gloire, Soyons unis, et le destin, Au temple où se grave l’histoire, |
‘ ue > Bis.
Inscrira le nom canadien ! |
Jadis de nos aïeux, sous les drapeaux de France, Le bras repoussa l'étranger :
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Tel qu'au sein des autans lorsque l'aigle s'élance, L'aiglon protège l'aire altier.
Du devoir esclaves dociles, Plus tard, sous un sceptre nouveau, Au champ d’honneur, loin de nos villes, Leur sang acheta le repos.
Héritiers, etc., etc.
Mais des fronts couronnés la douce gratitude, Hélas! n’est plus une vertu :
Bientôt le front vainqueur subit un joug plus rude ; L'heure des dangers n’était plus.
Dès lors une race rivale, Du pouvoir séides constants, Oh > ini i p à Par l'injustice et la cabale, coqui Insulte à nos droits impuissants. plus :
Héritiers, etc., etc.
à nsc Tu Des tyrans, ici-bas, le règne est éphémère : ché Le jour viendra ; le peupie attend : pre D'outrages, de mépris, il repaît sa colère ; La digue enfin cède au torrent. Vo Après les sombres jours d'orage, Été Au ciel brille un feu plus serein : déti Amis, espérons ; du courage !
Dieu garde un heureux lendemain ! Ma Héritiers, etc., etc. rièuiée MARC-AURÈËLE PLAMONDON. ever Ne vais P 1848 sera t L'ORPHELINE À SON BERCEAU Joli . ms AT d'éch Adieu, mon berceau, berceau que j'aime tant; toi qui me reçus be à à l’aube de la vie, si frêle, si petite qu’un souffle pouvait m'étein- De dre, adieu. ; , | Adi Au sortir d’un pur baptême, dans ton sein on me mit, comme à l’au dans un cristal une fleur naissante ; j'ouvris à peine les yeux que dre, a
pour les refermer et me rendre au sommeil, tout bas tu czantais.
Ta musique était douce, telle que les enfants l’aiment à cette heure première ; et joyeux, tu me dis : petite, dors, la Vierge et les anges veillent sur toi.
Que de jours et de nuits furent ainsi dépensés ; jamais d'impatience, tu ne savais te plaindre; le berceau n'a-t-il pas, pour la pauvre orpheline, l'amour d'une mère ?
Plus d’un songe volage. bonheur de l'enfance, sur ton soyeux duvet candidement je fis, plus d'un soupir aussi, sous tes blanches couvertures, mes lèvres colorées exhalèrent.
Tu fus aussi témoin de ces petits dépits qu'à l'âge de la faiblesse on veut bien pardonner ; de ces larmes sans souffrance qui brillent comme des perles, et de ces gais transports partis d’un jeune cœur.
Oh! j'aimais à te voir toujours si bien paré ; tu le savais aussi, coquin berceau ! une frange couleur de neige, quelques rosettes de plus semblaient te rendre fier ! moi, j'avais du plaisir.
Tu te réjouissais de même, si la main nourricière à ma blonde chevelure donnait un suave parfum! si dans un jour de fête, comme un lis argenté, ma robe avait de la splendeur.
Vois-tu, mon berceau, nous étions l'un pour l’autre, toi le parterre mouvant où a crû l'innocence ; moi, la rose que tu as fait fleurir.
Maintenant, je suis grande à trois ans et demi; je le dis glorieuse! ton cadre est trop étroit, il faut nous séparer; l'oiseau devenu fort ne laisse-t-il pas son nid ?
Ne va pas t'attrister, Ça serait peine perdue; encore si tu pouvais prendre de l'ampleur. Tu ne seras pas seul, à ma place reposera mon jouet le plus cher: ma poupée.
Jolie poupée! oh! plus sage que moi, ses cris n’ont point d’écho, tu ne veilleras plus; elle dort toujours sans jamais s’inquiéter, ni des ris, ni des pleurs.
Adieu, mon berceau, berceau que j'aime tant; toi qui me reçus à l’aube de la vie, si frêle, si petite qu'un souffle pouvait m'éteindre, adieu.
CHS LÉVESQUE