LAMARTINE
Douce brise du soir, haleine parfumée, Qu'exhale, en expirant, le vaste sein du jour, Ah! puisses-tu bientôt, sur la couche embaumée Où Dayelle s'agite (oh! je l'ai tant aimée !), Porter à son oreille un mot de mon amour !
Allah ! je n'ai plus rien qu'un chétif dromadaire ! Un fakir, l'autre jour, m'a ravi mon caftan !
Une Circassienne, achetée au vieux Caire,
A tué ma cavale ! . . Et je suis solitaire,
Comme un des noirs muets du sérail du sultan !
Car, voyez-vous, c'est-elle ! une odalisque pâle, Dont l'œil noir étincelle au miiieu de ses pleurs, C'est elle qui voulut que ma rouge cavale,
A force de courir, devint, comme l’opale, Blanche sous son écume et pleine de douleurs !
Que la tente où parfois tu vas dormir, ma belle, Quand le simoun en feu règne sur le désert,
Te soit une oasis, où ton pied de gazelle
Se pose sans frémir ! Que ton coursier fidèle
Y trouve une eau limpide, un gazon toujours vert !
Douce brise du soir, haleine parfumée, Qu'exhale, en expirant, le vaste sein du jour, Ah ! puisses-tu bientôt, sur la couche embaumée Où Dayelle s'agite (oh! je l’ai tant aimée !), Porter à son oreille un mot de mon amour !
J. LENOIR
1848 | Na Q l'o JOUR DES MORTS à; Au temple n'habitent plus la joie et l'espérance, les lustres ont la pâleur, et l'orchestre divin qui préludait aux chants de fête, " prélude aux chants des morts.
Enceinte auguste où repose la foi des tabernacles, tes ogives sacrées sont couvertes de deuil, ton sein se soulève et s'agite à de sourds gémissements.
Monte vers les cieux, piété des humains, demande à l'Éternel un doux encens qui nous rende la vie, car ici-bas tout succombe et [C s'efface sous le voile du néant. ] it S Et l'homme à la terreur joint d'abondantes larmes ; la force à la p faiblesse, l'espérance à la crainte, Comme l'herbe des champs au p souffle de l'hiver s'incline et se détache, l'homme en ce jour lugu- à bre se sent défaillir. «
Alors, pourquoi le grand du monde cesse-t-il son audace ? à côté de l’humble prière pourquoi le riche altier fléchit-il le genou ? . La mortalité déchire tous les cœurs.
Pleurons, pleurons ; où nous portons nos pas, la douleur nous appelle au pied du crucifix, un catafalque s'élève et nous dit: comme eux il vous faudra mourir.
Les glas ont réveillé des cendres assoupies . . La pensée fait renaître un monde qui n'est plus. Heureuse illusion !
Comme scintille l'étoile au milieu des ténèbres, de précieux souvenirs éclairent les tombeaux. C'est la fraternité des vivants avec les morts.
Vive allégresse, douces harmonies, danses légères, rêves poétiques, amitié tendre, voluptés de l'âme et du cœur, vous apparaissez encore sous le saule qui penche . . un instant vous consolez.
Les pleurs ont un sourire. Sous les fleurs qu'a semées le veuvage solitaire, l'amour fidèle contemple une douce image de l’immortalité.
Et vous, petits enfants, qui avez fui la tourmente de ce monde en détresse, Dieu a fait de vous des anges pour frayer à vos mères attendries le chemin des élus.
Oh! nous nous reverrons tous dans la céleste sphère, Après l'orage passé, quel brillant arc-en-ciel ! . , Chrétiens, nous vivrons À jamais heureux dans la sublime résurrection,
CHs LÉVESQUE,
wa” il LA MÉRÉE SOULIOTÉE . +