‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 2)Chapitre 59 sur 123 · LIU IR · texte numérisé non relu

LIU IR

Maintenant que ces eaux sont enfermées dans des barrières qu'elles n’oseront plus franchir, est-ce qu’elles ne devraient pas naturellement se corrompre et infecter l'univers? Le Créateur y a pourvu: 1. les eaux, on ne sait comment, se trouvent salées au point que l’homme ne saurait en boire ; ni les pluies souvent qui y tombent, ni les fleuves qui sans cesse y mêlent leurs ondes, ne sauraient en adoucir l’amertume ; 2. les mers ne restent pas stagnantes : chaque douze heures, l'Océan monte et descend, s'élève et s'abaisse ; ce mouvement alternatif de la mer, se retirant pendant six heures et revenant pendant six autres heures, est connu sous le nom de flux et reflux ou marée. Comme ces marées suivent le cours de la lune, et qu'elles retardent tous les jours, ainsi que la lune, de

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, trois quarts d'heure, on conclut avec raison que la lune cu en est la principale cause. De plus, c:mme ces marées sole sont plus fortes aux nouvelles et aux pleines lunes, lors- en + que le soleil, la lune et la terre se trouvent sur la même les : ligne, on conclut aussi que le soleil y entre également sur pour quelque chose. 3. Un autre moyen d'entretenir la Tou salubrité des mers se trouve dans les vents et les tem- mat pêtes, qui les agitent en tous sens. ques

En haute mer, sous la zone torride, on sait qu'il souffle mag des vents réguliers : on en a trouvé la cause dans l’action glac du soleil combinée avec la rotation de la terre. des

L'air de la zone torride, que le soleil échauffe par une teur longue présence, se dilate, s'élève et se répand sur les font pôles : l'air froid des pôles afflue en dessous, vers le mi- Sair lieu de la zone torride, ou l'équateur, pour rempiir dés l'espace vide produit par la dilatation. Il se formera toit donc dans chaque hémisphère terrestre deux courants Q d'air, l’un supérieur qui va de l'équateur aux pôles, et déns: l’autre inférieur, qui vient des pôles à l'équateur. ét le

On voit un exemple de ce phénomène dans nos appar- N tements à cheminée: l'air répandu autour du foyer

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s'échauffe, se dilate et, devenu plus léger, s'élève ; une partie va dans la cheminée, et l’autre dans le haut de

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l'appartement ; en même temps, un nouvel air arrive par le bas, pour remplacer l'air ascendant, et il en résulte une succession non interrompue de deux courants contraires : l’un supérieur qui s'éloigne de la cheminée, et l’autre inférieur qui se porte vers elle. On a une preuve sensible de cela en plaçant une bougie allumée dans la porte de l’appartement : en bas, la flamme s'incline en dedans; en haut, elle s'incline en dehors ; au milieu, elle reste immobile.

Le soleil, ce grand foyer de notre atmosphère, y produit des effets semblables. Voilà les vents expliqués.

La terre de soi-même est aride; et si la mer ne doit venir que jusque-là, et pas plus loin, si l’orgueil de ses flots doit se briser à telle marque, qui l’arrosera pour qu'elle produise? Dieu en a chargé la mer même et les vents: sans cesse la mer, sollicitée par la chaleur du soleil, envoie dans les airs une partie de ses eaux réduites en vapeurs. Ces vapeurs légères sont transportées par les vents de côté et d'autre; puis ils les laissent tomber sur la terre, en rosée, en pluie, en neige et en frimas. Tout ce qui a soif se désaltère ; et pour que ces eaux ne manquent pas avec la pluie, le Créateur en durcit quelques-unes comme de la pierre, et en amoncelle d'énormes magasins sur le sommet des plus hautes montagnes : des glaces, des neiges éternelles couvrent la cime des Alpes, des Cordillères, et fondant peu à peu s’insinueront dans leurs flancs : de là, avec des milliers de ruisseaux et de fontaines, jailliront le Rhin, le Rhône, le Danube, le Saint-Laurent, qui, dans leurs loi.gues courses, arroseront des provinces, des royaumes, de grandes cités, et rentreront dans la mer d’où ils sont partis, pour en partir encore.

Quelle machine merveilleuse qui sans fatigue et sans cesse abreuve, sur toute la terre, les hommes, les animaux et les plantes !

Nous avons dit que les eaux de la mer étaient salées et amères ; voici encore de quoi nous faire admirer. La mer gardera pour elle toute son amertume, et n'enverra vers le ciel, pour revenir sur la terre, que des eaux douces.

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