TOME IV
surface du globe :— We œil reform them out 1 the face of the earth.—-Telles étaient ses expressions mêmes, si je me le rappelle bien.
Oh ! messieurs, nous les ferons mentir, n'est-ce pas, ces prophètes de malheur ; nous ne permettrons pas que les descendants des héroïques pionniers de la vallée du Saint- Laurent en deviennent les parias. Vous empêcherez l’histoire d'avoir un jour à parler ainsi:—"''[La partie inférieure du Canada,.faisant partie de ce qu'on appela dans l’origine la Nouvelle-France, fut d'abord colonisée par des colons venus de France. Cette population sut se maintenir quelque temps par sa masse après la cession du pays à l'Angleterre. Les moyens d’instruire le peuple, soit par calcul ou autrement, furent longtemps négligés à la suite de cet événement, et il en résulta que les émigrés de la nouvelle métropole, ayant l'avantage d’une instruction industrielle supérieure, mus d'ailleurs par l'esprit d'industrie qui caractérise leur race, réussirent avec le temps à s'emparer de toutes les ressources du pays. Bientôt la nouvelle race obtint un ascendant marqué sur la société, et finit par lui imprimer son cachet particulier ; de sorte que aujourd’hui l'élément français de la société canadienne a été où absorbé ou étouffé. C'est à peine si dans quelques coins reculés du pays se trouvent encore, sans mélange, quelques restes d’un peuple qui fut renommé par sa bravoure dans les combats, par son activité dans les courses aventureuses du Nord-Ouest, autant que par ses qualités aimables dans la société, à tel point qu’il fut nommé le peuple gentilhomme. Si l’on en croit les mémoires du temps, la principale cause de la décadence d'un peuple aussi intéressant fut l'éloignement des classes aisées, les seules qui pussent se procurer de l'éducation alors, pour toute espèce d'industrie. Cela se conçoit en effet dans un pays où l’industrie était la seule source de richesse, et où la richesse était le plus grand sinon le seul moyen d'acquérir de l'importance sociale. La masse du peuple dut être livrée à l'influence et à l’action déna-
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tionalisatrice des chefs d'industrie de la race rivale, et perdre ainsi avec le temps son caractère national.”
Voilà, messieurs, ce que dira l'histoire, bien mieux assurément, mais enfin, voilà ce qu’elle dira si les classes aisées parmi nous ne sentent bientôt l'importance de leur mission, et ne se mettent à la hauteur des exigences de notre position sociale. Mais chacun fera ce que la patrie, ce que notre postérité attendent de lui. Et aujourd’hui peut-être suis-je moins le provocateur que l'interprète d'un sentiment qui fermente et germe déjà au cœur de notre population, et qui bientôt produira des fruits abondants,—manne fortifiante dont notre nationalité s'alimentera, et qui nous mettra en état de transmettre intact à nos enfants l'héritage le plus précieux que nous ayons reçu de nos pères.
E. PARENT