‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 2)Chapitre 79 sur 123 · PR CR · texte numérisé non relu

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nouveau l'an 2255, si le ciel présent tient encore ! Suivant Wisthon, cette comète ne se trouvait éloignée de la terre, en 1680, que de trois ou quatre cent mille lieues. C'est aussi celle qui se soit rapprochée le plus du soleil, et elle finira probablement par y tomber, ou par brûler la terre al. jusqu’à son centre. Mais il se passera bien des milliers d'années avant que cela arrive, et ce qui peut nous conso-

ler, c’est qu'on a encore à se revoir d'ici à l'an 2255, temps de sa prochaine apparition !

Nous sommes donc dans une ignorance complète sur la nature intime des comètes : la substance dont elles sont composées est tellement floconneuse, qu'on aperçoit les étoiles au travers de leurs queues, de leurs chevelures, et quelques-uns disent même à travers leurs noyaux, ce que j'ai de la peine à croire. On aura vu des étoiles sur le bord du noyau, la méprise est là très probablement. On n'est pas même assuré que les comètes ne soient visibles que par la lumière du soleil, comme le sont les autres planètes. On ne peut rien dire de certain sur leur queue ni sur leur chevelure. Beaucoup de comètes sont dépourvues de ce dernier appendice ; celles qui en ont, ne l’ont pas dans toute l'étendue de leur orbite.

Il est à remarquer, en effet, que ia queue ne prend naïssance que lorsque la comète est à une médiocre distance du soleil ; qu’elle augmente à mesure qu'elle s’en approche, et qu'elle diminue à mesure qu'elle s'en éloigne, et finit par disparaître; ce qui nous porte à croire que la queue est une effluve de la substance de la comète, vaporisée par la chaleur solaire.

Mais ce qui est encore singulier, c’est qu'une comète peut avoir des queues multiples. Celle de 1744 en avait six, et celle de 1814 en avait deux.

De tout le grand nombre de comètes qui doivent exister, on n’a pu en observer, jusqu'à présent, qu'environ cinq cents, et parmi ce nombre nous en connaissons cent cinquante dont la masse est d'un cinq millième moindre que celle de la terre, et cependant elle occupe plus d’espace qu'elle. Leurs queues s'étendent à plusieurs millions de milles ; si bien que celle de 1811, la comète de la guerre américaine, comme disait le peuple, et celle de 1823 ont pu mêler leurs émanations avec notre atmosphère.

La comète Biéla se trouve dans le chemin de la terre, c'est-à-dire, qu’elle coupe dans sa route notre orbite ; et si elle rencontrait la terre, on peut s'imaginer quelle en

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serait la conséquence. Le 20 octobre 1832, cette comète, que le peuple appelait encore la comète du choléra, a passé par l'orbite de la terre ; mais heureusement la terre avait alors encore un mois pour se rendre à cet endroit. Un grand nombre d'astronomes furent consultés en Europe sur ce qu'on avait à appréhender. ‘‘ Dormez tran- ‘‘quiiles, répondirent les astronomes, on vous assure que ‘la comète sera un mois en avant, quand la terre passera ‘par là." De plus, cette même comète coupe encore l'orbite de celle nommée de Encke, et celle-ci lui en fait autant. De sorte qu'il est astronomiquement probable que tôt ou tard, elles viendront un jour en contact. Le spectacle pour les habitants de la terre sera imposant, sinon fatal ! Mais, à coup sûr, il se passera bien des milliers d'années avant que cette catastrophe arrive. Une des comètes qui se sont encore bien rapprochées du soleil, c'est celle qui parut le 20 juin 1770; elle n’était de la terre que de six fois plus que ne l’est la lune de la terre. Toute l'Europe en fut consternée.

Mais il est temps, mesdames et messieurs, de vous parler d'un étrange phénomène, qui peut nous arriver cette année ou l’année prochaine. Je crains fort que cela n’achève de tourner la tête à ceux qui en ont déjà un branle ! Il faut vous dire que, sur la fin du règne de Charles-Quint, en 1305, il parut tout à coup ue comète inconnue, d'un aspect épouvantable par sa couleur, sa grosseur et par son énorme queue et sa chevelure hérissée: Comela horrendæ magniludinis, disaient les gens d'alors.

Charles-Quint abdiqua cette année même, et alla s'enfoncer dans un monastère, où il mourut dans l’habit de moine. Les uns dirent que le grand monarque avait eu peur de la comète, et il ne se gênait pas de dire lui-même que la comète lui ordonnait de changer de vie; mais le fait est que Charles-Quint était fatigué de gouverner. Eh bien ! mesdames et messieurs, si les calculs des astronomes sont justes, comine ils ont coutume de l'être, cette épou-

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