COMÈTES
Les comètes ont toujours été et sont encore pour le vulgaire un sujet de terreur, soit à cause de la rareté de leurs apparitions, soit à cause de leur figure extraordinaire et souvent effrayante. L'apparition d'une comète est pour le peuple un événement sinistre, un pronostic de quelque catastrophe de guerre, de peste, de famine, ou l’annonce de la naissance d'un grand prince de la terre, ou encore d'une année de fortune et de bonheur.
ssi, le ! La science astronomique nous démontre aujourd'hui iutres que les comètes ne sont que des planètes qui tournent place. autour du soleil, et dont les retours peuvent se prédire. et de Le soleil est toujours leur centre, et la seule différence, au ler {a moins connue, entre elles et les planètes, c'est que celles-ci ont des orbites presque circulaires et que celles-là (les co- » était mètes) en ont de bien plus allongés, de sorte que, durant vaient leurs longues courses, elles sont longtemps hors de la iettait portée de notre vue.
Comète veut dire étoile chevelue ; leur grandeur est, astro- comme celle des planètes, sujette à beaucoup de variété. Chal- Les unes sont prodigieusement grosses, et les autres très ; mais petites.
e des On distingue dans ce corps un noyau, au milieu, plus dans volumineux et plus épais que le reste; leur figure n'est grand pas parfaitement ronde, et leur lumière n’a pas constam- , tirer ment le même degré de vivacité.
entre- Les comètes se font distinguer par ces traînées de luvanta- mière dont elles sont souvent entourées ou suivies, qui è sont distinctes de la chevelure, et qu'on appelle la queue il | e mé- de la comète. LE s une Cependant, on a vu quelques-uns de ces astres sans M à ce queue et sans chevelure. Cette queue est toujours oppode la sée au soleil, et d’une substance si rare et si transparente près. qu'on aperçoit les étoiles au travers, et si considérable, is par qu’elle prend un aspect imposant. | Plus la queue s'éloigne de la comète, plus elle s'élargit, | et plus sa lumière décroît, en proportion que sa largeur TO LE | augmente. Quelquefois, elle se partage en plusieurs lam- AL E 8 vul- beaux; mais ce qui distingue encore les comètes des cl à b À leurs autres planètes, c'est leur course vagabonde en tous sens | ; ire et à travers les cieux ; tandis que les planètes se meuvent bn pour généralement d'occident en orient, et dans des orbites |
peu inclinés à l’écliptique, les comètes courent dans tous les sens, même d’orient en occident, et perpendiculairement au zodiac. Et s'il plaisait à un de ces corps de se trouver sur le chemin de notre terre, nous serions bien
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vite réduits en cendre ; et de là, probablement, la terreur du vulgaire à propos des comètes.
Du reste, elles ont, comme les étoiles et comme toutes les autres planètes, un mouvement diurne, et cela ne doit pas être autrement que par les lois des forces centripète et centrifuge.
En se rapprochant du soleil, leur mouvement se fait avec une très grande vitesse. Au point le plus rapproché, la comète est dite à son périhélie; et lorsqu'elle est à son plus grand éloignement du soleil, elle est dite à son aphélie. C'est alors que sa course est sensiblement ralentie. Ils'en trouve qui n’ont que dix pieds de vélocité par seconde, tandis que à leur périhélie, c'est-à-dire à leur plus grand rapprochement du soleil, leur vitesse, au moins pour quelques-unes, est de quarante-six lieues par seconde, treize fois plus rapide aue celle de la terre. C'est alors que la comète doit éprouver une chaleur effroyable. Au contraire, dans leur pius grand éloignement du soleil, les comètes doivent être gelées jusqu'à leur centre. Celle de 1680 n’a passé qu'à trois cent mille lieues du soleil, et Newton a caiculé qu'elle a dû éprouver alors une chaleur deux mille fois plus considérable que celle du fer rouge, et qu'elle doit être plus de cinquante mille ans à se refroidir dans nos circonstances atmosphériques. Assurément, s'il y a des habitants dans ces comètes, il faut qu'ils aient une constitution bien singulière pour vivre ainsi successivement et dans le feu et dans la glace! Et cela n'est pas absolument impossible, quand nous voyons ici-bas des êtres vivant dans l'eau bouillante et même dans le feu !
Des simples d'esprit ont, tout juste, fixé l'enfer dans les comètes, où les damnés souffrent à la fois tous les maux du chaud et du froid! Mais pour être conséquents, pour compléter leur hypothèse, tandis qu'ils en étaient à supposer, ils auraient dû fixer aussi le purgatoire dans la petite planète Mercure ; là, les détenus n'auraient eu que le feu à endurer, et, comme il n’y a qu’un pas de Mercure au
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soleil, ils auraient dû y placer aussi le paradis! car le soleil n’est pas un corps de feu comme on l'a pensé. Le célèbre astronome Képler assure que le nombre des comètes à travers le ciel est aussi considérable que celui des poissons dans l'Océan. C'est beaucoup dire, et cependant l'autorité est respectable et de quelque poids.
On a observé un bon nombre de comètes, mais il n'v en a encore que trois dont on a pu bien calculer la course et prédire le retour. Encore, une de ces trois ne repa- di raît-elle qu'à une longue période. C'est la comète dite de Halley, qui parut en 1682, et dont cet astronome an- À nonça le retour au bout de soixante et seize ans. Cette 1 | prédiction fut vérifiée par le fait; et la comète a encore (l reparu en 1835, comme on s’y attendait. Quel admirable calcul ! Elle reparaîtra vers l'an 1911, c'est-à-dire dans cinquante-six ans. Combien de nous dans cet auditoire, 4 mesdames et messieurs, qui ne la verront pas !
Les deux autres comètes bien connues sont celles dites de Biéla et de Encke. La période de la première est de six ans; et celle de l’autre est de mille deux cent trois jours seulement. On a quelque raison de croire qu'on connaît la période de cette autre comète, qui a paru en 1680, dont la période serait de cinq cent soixante et quinze ans, et à laquelle le savant anglais Wisthon attribue le déluge universel. Cette fameuse comète a paru en l'an | 43 de l'ère chrétienne ; elle était si brillante et si chevelue wi | qu’on la voyait le jour à l'œil nu. Les Romains la regar- M dif | dèrent comme une métamorphose de l'âme de César, ALMILE 1 assassiné peu de temps auparavant. Elle reparut encore F jh en 531, 1106 et 1680, et par conséquent elle reparaîtra de . «gl |