‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 2)Chapitre 85 sur 123 · DISCOURS PRONONCÉ À L'INSTITUT CANADIEN DE MONTRÉAL · texte numérisé non relu

DISCOURS PRONONCÉ À L'INSTITUT CANADIEN DE MONTRÉAL

MESSIEURS, —En me faisant l'honneur de m'appeler à parler devant vous, et à faire une lecture publique sur un sujet dont vous m'avez laissé le choix, vous m'avez permis de compter sur la plus grande indulgence dans la critique qui vous appartient, et de présumer que vous n’attendez pas de moi des enseignements aussi graves ni aussi profonds que vous en avez entendu de la bouche des hommes distingués et savants qui m'ont précédé depuis deux ans dans cette tribune. Et certainement je n'aurais jamais osé me présenter devant vous après eux, si je n'étais persuadé qu'en m'écoutant, vous ne perdrez pas de vue que je suis un homme de votre âge, n'ayant ni plus d'étude ni plus de connaissances que vous n’en avez vous-mêmes ; et que vous n’établirez pas de comparaison entre mes faibles efforts et la voix puissante de ces hommes éminents par leurs talents et leur expérience, qui, les premiers, vous ont communiqué les fruits de leurs réflexions bien digérées sur des sujets dignes d’être traités par

eux. Vous porterez donc, je vous en prie, un jugement

moins sévère sur cette lecture, où je veux m'entretenir avec vous de notre pays, qui nous est si cher à tous, et de la population canadienne-française qui l’habite, et dont je suis si fier de faire partie.

La jeunesse de ce temps porte des regards avides sur l’avenir, pour en soulever le voile et y découvrir le secret de nos destinées. Cette curiosité, mêlée d'espérance et de crainte, domine l'esprit de tous les peuples aux époques où ils ne sont pas absolument les maîtres de leur

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