‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 3)Chapitre 100 sur 212 · HYMNE DE GUERRE · texte numérisé non relu

HYMNE DE GUERRE

Vous que l’astre du jour dore de sa lumière,

Vous pour qui de la nuit luit la pâle courrière,

Lieux où croît la moisson, lieux où l’ormeau verdit, Où le ruisseau serpente, où le torrent bandit,

Vous, monts, bois et vallons, vous tous lieux de la terre, Apprenez tous qu’on s'arme, et qu'on vole à la guerre : Un peuple audacieux, armant notre courroux, Désormais plus soumis, va fuir devant nos coups. Telle on voit reculer la bergère timide,

Quand l'œil étincelant sous la ronce perfide,

A ses yeux attentifs un serpent furieux

S'offrant, siffle, se glisse en replis tortueux ;

Tel et plus lâche encor, quand les plaines tremblantes Gémiront sous les pas de nos troupes bruyantes,

Plus léger que la biche, et plus prompt que l'éclair, S'alarmant au seul bruit de l’oisean qui fend l'air,

De la feuille qui tombe, ou du flot qui murmure, Honteux, et dépouillant sa gloire et son armure, Notre ennemi vaincu fuira dans les forêts.

Nos bras garantiront ces terribles arrêts ;

La honte, la terreur, le désespoir, la rage,

Le mépris le suivra jusque dans son village.

Page 1