‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 3)Chapitre 101 sur 212 · ESS · texte numérisé non relu

ESS

(:) J'espère qu'on ne verra pas sans quelque plaisir cette traduction d’un chant de guerre des vieux héros du sol, qui, sans aucun doute, seraient, entre les mains d’un Homère, des Achilles et des Hectors. Ils avaient leurs chansons, leurs hymnes, leurs poèmes mêmes; et leur poésie était grande et majestueuse comme le pays qu’ils habitaient. J’avouerai qu'il m'a été impossible de faire passer dans notre langue toute la force et l'énergie de l'original, n’ayaut travaillé surtout que sur d’autres traductions. —/Vote de d'auteur.

Mais plutôt qu'au milieu des neiges de l'hiver, Quand l'aquilon fougueux trouble les champs de l'air, Quand des chênes durcis les branches dépouillées Refusant à la faim leurs écorces gelées,

Triste, et fixant le ciel de son dernier regard,

Il meurre, en maudissant l'affreux jour du départ. Monument de sa honte, et de notre courage,

Les débris de nos dards couvriront son village ;

Et s'il ose jamais, téméraire vaincu,

Rapporter parmi nous, ce don qu'il a reçu,

Du front de cent guerriers, les dépouilles sanglantes, De leur brillant trophée embelliront nos tentes ;

Aux poteaux enchaînés, souffriront mille morts.

Mais on part! qui de nous reverra le village! Echapperons-nous tous à l’infâme scalpage ?

Adieu, guerriers naïissants, épouses des guerriers, Nous allons recueillir des moissons de lauriers.

Ne nous arrêtez pas, ne versez point de larmes:

C'est le champ de l'houneur que celui des alarmes. La victoire bientôt hâtera le retour;

Pour vous, et pour vous seuls nous chérissons le jour. Vous, amis, donnez-nous du sang, des funérailles,

Si la mort nous saisit sur le champ de batailles:

Ne versez point de pleurs, songez à nous venger; Dévastez, embrâsez le toit de l'étranger,

Calmez de votre sang, calmez le cri terrible,

Et frappez nos bourreaux du tomohak terrible ;

Que du sang des vainqueurs, les arbrisseaux rougis, Fassent dire aux passants: c'est là qu’ils sont péris!

MELTHÈNE.

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