‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 3)Chapitre 120 sur 212 · PREMIER JANVIER · texte numérisé non relu

PREMIER JANVIER

Faibles jouets du vent emportés dans l'espace, Sur l’éphémère album nous en marquons la trace. Au capricorne heureux nous sommes revenus, Célestes voyageurs par le ciel soutenus ;

Celui qui la créa conduisant notre sphère,

Dans l'océan des ans guidant notre carrière,

() Le meurtre de trois canadiens, tués le 21 mai 1832, par une compagnie de soldats qui fit feu sur une foule de citoyens, dans la grande rue St. Jacques, à Montréal. Ces citoyens se nommaient Languedoc, Billette et Chauvin.

Dans sa main nous porta. Mais que d'événements De la terre en son cours suivent les mouvements ! Que de mortels, hélas! en commençant l'année

Se forgeant une heureuse et longue destinée,

Sur la neige volaient dans un léger traineau,

Quand la mort sous leurs pieds leur creusait un tombeau !

Les uns ont tout à coup éprouvé sa furie Dans la saison des fleurs, au printemps de la vie, Quand à leurs yeux charmés le bonheur souriait, Quand de tout son éclat la nature brillait.

D'autres sont moissonnés au sein de leur famille, Au moment où joyeux ils prenaient la faucille

Pour faire la moisson; les villes, les guérets

Sont partout ombragés de croix et de syprès:

Là sont ensevelis leurs vœux, leur espérance ;

Là gissent avec eux la haine, la vengeance :

Ne les déterrons point. Ah! puisse enfin le tem: Emporter sur ses ailes ces noirs ressentiments

Qui dans l’âme allumant les passions cruelles

Sont les avants-coureurs de sanglantes querelles. Mais quel affreux tableau vient frapper mes regards, Quels présages le monde offre de toutes parts!

La discorde à son œuvre associant Bellone

Arme les citoyens; chancelants sur leur trône

Les rois avec effroi regardent ces brandons,

Et voient dans leurs états surgir des factions ! L'Autocrate s’indigne et craint qu’en sa furie

Le midi de ses feux n’enflamme la Scythie ;

Il prépare des fers, il aiguise ses traits,

Son glaive encor fumant du sang des Polonais.

De la Seine et du Rhin les rives agitées

D'une ligue de rois sont encor menacées.

Le Tage avec horreur voit deux frères rivaux

Du sang des citoyens rougir ses tristes eaux.

Au sein des factions, des vents et des orages L’Angleterre commence à craindre les naufrages. Du magnanime Tell les heureux descendants, Croyant voir tout à coup renaître leurs tyrans, S'assemblent sur leurs monts, remparts de l’Helvétie, Et bravent la couronne de l'Autriche ennemie,

A nos yeux étonnés s'offre le Vatican Miné de toutes parts, assis sur un volcan,

beau !

tie,

Mais toujours soutenu par une main divine, Lorsque tant d'ennemis en trament la ruine.

Des colonnes d'Hercule aux rives de l'aurore Esclaves et tyrans s'agitent: au Bosphore

Un hardi vice-roi menace le sultan,

Mahmoud voit de son front échapper le croissant, Sur ses gonds agités la Porte enfin chancelle.

Nos voisins ont leurs maux et leur crise nouvelle …. Que le sort, les malheurs des peuples divisés

Nous servent de lecon, en ces lieux fortunés.

Quand le ciel, la raison nous prêchent l'harmonie Sachons nous réunir au nom de la patrie!

Anar

So ds

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