L'EPINE, LE BAILLI
LE BAILLI. Bonjour, L’Epine, ton maître est-il ici ?
L'EPINE. Oui monsieur, il y est...c’est-à-dire...non, y n'y est pas.
LE BAILLI. Il y est, il n’y est pas! voilà une réponse bien claire.
L'EPINE. C’est qu'y n’est pas ici, monsieur, mais il est dans sa chambre.
LE BAILLI. Qu’importe ; est-il occupé ?
L'EPINE. Je n’peux vous dire ça, mais y m’a dit d'l’aller avertir si v’nait queuq’zuns.
LE BAILLI. Vas m’annoncer.
L'EPINE, (s’en allant). J'y vas. (revenant,) J'voudrais ben, monsieur l’Baiïlli, que vous m’feriez Pamiquié de m’donner votre avis sus queuqu’chose ? .
LE BAILLI. De quoi s'agit-il ?
L'EPINE. Mon maître m’conseille d'm’enrôler dans la milice ; y dit com’ça, qu’ça m’ferait du bien.
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LE BAILLI. Îl a raison, rien ne convient mieux à un jeune homme.
L'EPINE. Com’c'est un homme qui m’estime, et qui m’aimons, voyez-vous, com’son enfant, j’voudrais ben tâcher de l'contenter.
LE BAILLI. C’est très-bien fait à toi.
L'EPINE. Que m’conseillez-vous à c’t’égard-là ?
LE BAILLI. Mais je suis fort de l’avis de M. Dolmont et je crois que tu ne saurais mieux faire.
L'EPINE. Croyez-vous?
LE BAILLI. Oui. C’est aussi mon opinion.
L'EPINE. C’est que, voyez-vous, j'étais ben aise de savoir vot sentiment sus Ça.
LE BAILLI. C'est, te dis-je, le meilleur parti que tu puisses prendre.
L'EPINE. Oh bien! j'suis pourtant ben décidé à n’le prendre pas.
LE BAILLI. Et pourquoi, diable, t’avises-tu donc de me consulter ?
L'EPINE. C’est ben véritable, monsieur, j’n°y songions pas.
LE BAILLI. Allons, va-t-en. Je n’ai jamais rien vu de plus stupide.