‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 3)Chapitre 76 sur 212 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

Le commencement de ce livre donne un pressentiment des maux à venir. Le poète élève son sujet au-dessus de l’Zliade et de tous les sujets profanes. Satan banni du paradis terrestre essaie à y rentrer et il y réussit. Il s’introduit dans le corps d’un serpent ; mais avant de se métamorpho-

SE ROUE 2 AU TETE 0e

PA

sel CA Ca] SOL sa

bie sio En des en

Ev den pen insi

Enfin

narTanême, ronne.

en va :

os de É Adam, 4 ement + r plus curiode ses le tous î avait F Satan % ers ne l finit Prouva nsuite.

Milton ’on se L ainsi ; ains.

t à se À que le à adieu ; :

ils se

iment sus de aradis roduit orpho-

ser, il se parle à lui-même, se déchaîne contre le Tout- Puissant, et s’indigne de l’abaissement qu’il est obligé de subir, en entrant dans le corps d’un animal rampant. Enfin il s'empare d’un reptile qu’il trouve endormi. Pendant ce temps, Eve s’adresse à son époux, lui parle de ses fleurs et du travail qu’elle y consacre; elle fait aussi quelques réflexions sur l’insipidité des choses qui ne sont pas acquises par le travail. Adam lui répond qu’il partage ses sentiments ; toutefois, il lui fait entendre qu’il craindrait de la voir s’absenter, à cause de Satan, qu’il connaît dans l’intention de la tenter: enfin il la supplie de demeurer continuellement avec lui. Eve, aussi surprise qu'affligée de la défiance d'Adam, lui répond qu’elle connaît bien les dangers qu’elle peut courir étant seule; mais qu'elle se croit assez de prudence pour s’en tirer: elle lui fait part du chagrin que lui cause son peu de confiance en elle. Adam lui demande en réponse si elle connaît la ruse et le pouvoir de l'ange tentateur : il lui rappelle les esprits célestes qu’il a changés en démons par ses artifices.

Eve se voyant toujours taxée de faiblesse, laisse voir une douleur manifeste de ce qu’elle ne peut sortir impunément, et Adam vaincu par ses plaintes, consent à ce qu’elle s’absente, en lui recommandant de faire usage de sa raison en cas de péril. Eve part en assurant Adam qu’elle se croit capable de résister aux tentations de l'ennemi, et l'ennemi, sous sa figure empruntée, ne tarde pas à la voir. Il admire sa beauté, qui adoucit pour un moment sa fureur; mais bientôt sa rage se rallume; et il s’excite à profiter de l’occasion que lui offre une femme denuée de toute protection. En s’occupant ainsi avec lui-même, il s’avance vers la mère des humains ; il la regarde, et finit par lui adresser la parole, en lui faisant un discours plein de louanges passionnées. Eve, étonnée de lui entendre articuler des sons humains, lui demande comment il se fait qu’il puisse ainsi exprimer ses pensées par la parole. Le traître lui répond dans un langage insidieux, que c’est l'effet d’un fruit qu’il avait cueilli sur

un arbre. Eve sentant sa curiosité piquée, demande au reptile où est cet arbre: celui-ci s’offre aussitôt à l’y conduire. Eve accepte; ils s’acheminent et arrivent à l’arbre, que l'épouse d’Adam reconnaît pour celui de la science du bien et du mal, et elle refuse d’y toucher, alléguant pour raison la défense de Dieu.

Le tentateur montre de la surprise; il parle à Eve d’une manière qui égale, dit Milton, celle des orateurs grecs et romains: il conclut son oraison, en lui promettant la divinité si elle mange du fruit défendu. L’épouse d’Adam est tentée par le goût et l’odorat, et elle est séduite par Pambition. Elle parle longtemps; elle se consulte, elle finit enfin par manger. Le serpent se cache, et cependant elle s’épuise en transports de joie; elle rend grâces à genoux à l’arbre producteur des fruits qui lui ont plu; elle part pour aller trouver son époux, qu’elle instruit de ce qu’elle à fait. Adam est rempli de consternation et d’épouvante, mais finit, après une grande perplexité, par se résoudre à partager le sort de sa moitié. Celle-ci se répand en effusion de sentiments de reconnaissance pour son époux, et lui présente le fruit fatal, qu’il mange aussitôt. Ensuite, ils se retirent tous deux pour se reposer. A son réveil, Adam sent naître des remords qui, le subjuguant, le font éclater en invectives contre le serpent et ensuite contre sa femme, qui s’émeut, et lui reproche sa propre faiblesse, en maudissant sa coupable indulgence. Adam, aigri par cette vive repartie, parle à Eve d’une manière injurieuse, et rejette sur elle toute la culpabilité de leur faute commune. C’est ainsi qu’ils commencent leurs malheurs, en se divisant.

Page 1