LA JEUNE FILLE
La nature est aimable au retour du printemps, Flore embaume les lys et donne son encens Aux guirlandes de roses.
Mon âme était soumise aux vives émotions, Et le jour le plus beau me prêtait ses rayons, Je voyais douces choses.
Quand la brise venait caresser mes cheveux, Assise sous le hêtre, en regardant les cieux, J’élevais ma pensée,
Et l'étoile du soir recevait mes désirs.
Tout me paraissait d’or. J’ai connu les plaisirs Purs comme Ja rosée.
Hélas! dans mon chemin tout parsemé de fleurs La vie était pour moi si pleine de douceurs.
Je finis ma carrière.
De ce monde joyeux l’aspect le plus brillant M’entraînait dans sa course et me laisse en mourant. Mon Dieu ! la froide bière.
Ma beauté se flétrit qui parlait aux amours.
Il faut donc tout quitter et périr pour toujours... Mais, la mort a des charmes.
Au chevet de mon lit veille la piété, Qui me dit à genoux : pense à l’éternité !
Oh! c’est ma mère en larmes.
Si ma faible existence a méconnu ta loi, Mon cœur s’est repenti. Seigneur, pardonne-moi, J'adore ta parole...
J’abandonne la terre et je meurs sans regrets, Bénissant de mon Dieu les trop sages décrets... Mon âme au ciel s’envole,
Cus. Lavrsque
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