‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme] (volume 4)Chapitre 40 sur 81 · DO · texte numérisé non relu

DO

BE ee me —

if se ec la le 1a nmet selles t peu illiers ne, le urses, cités, partir

sans imaux

ées et

a mer

ers le

s, (Ce lle est ouillir sel sur si elles boisson ront de r votre

ésordre are-t-il ples de le con-

traire, c’est l’océan qui rend aux peuples de la terre toute communication facile: c’est lui qui en fait une seule famille. Qui jamais est parti des côtes de la France pour aller, par terre, jusqu’à l'extrémité de l'Asie, jusqu’à la Chine, et lier commerce avec les divers peuples qui se sont trouvés sur sa route? Sans la mer, jamais on n’eût connu la terre.

L’océan porte sur son dos des maisons, des citadelles flottantes, qui déploient au vent leurs voiles comme des ailes, et s’éloignent avec plus de rapidité que ne fait le courrier du désert.

Les étoiles leur servent de guides, et lorsqu'il faudra faire des voyages où l’on n’apercevra plus les étoiles accoutumées, lorsqu'il faudra explorer des mers inconnues, découvrir de nouvelles terres, de nouveaux mondes, alors, une petite aiguille, qui se dirige constamment vers les pôles de la terre, apprendra au navigateur à suivre exactement sa route, et à s'orienter, même sous un ciel nébuleux. Ce chétif morceau de fer découvrira aux Européens les Indes, la Chine, le Japon, l'Amérique, l'Océanie et des îles sans nombre. Il leur fera voir, par expérience, que la terre est ronde, pesante de toute part vers son centre, et qu’elle est suspendue dans l’espace, sans autre appui que le vouloir du Très-Haut.

Ainsi toutes les pranches de la famille humaine se connaîtront et communiqueront entre elles ; les arts, les sciences circuleront d’un bout du monde à l’autre.

Voici bien des moyens de communication: le bois, la rame, les vents, la boussole ; et quand les vents sont contraires, n'a-t-on pas encore le feu et l’eau? L'eau, réduite en vapeur, fera franchir, fera marcher sur des roues ces citadelles flottantes, même à travers les tempêtes ; malgré les vents, votre navire roulera comme un char, et avec le vent, il court et vole tout ensemble. Mais l’homme n’a pas fini, le voilà qu'il sillonne le globe de nerfs magnétiques, qui porteront ses ordres et ses désirs à l’autre bout du monde dans un celin-d’œil, le voilà en train de converser avec ses antipodes, comme s’il n’en était qu’à une distance de la voix.

Il faut l’avouer, la raison donnée à l’homme est le centre des ouvrages de Dieu sur la terre. Otez-la lui, et il n’y a plus d’homme : c’est une brute ; il n’y a plus d'union dans les ouvrages du grand ouvrier! Le grand ressort de l’harmonie terrestre, le soleil, brille bien, sa chaleur aidée des pluies et des rosées font bien germer les semences, les campagnes seront bien couvertes de moissons et de fruits, mais iln’y aura personne pour les recueillir, ni pour les consommer; la terre nourrira les animaux, mais ils ne tendront à rien, faute de maîtres qui sachent mettre en œuvre leurs services.

Le cheval et le bœuf peuvent traîner et porter les plus lourds fardeaux : leurs pieds sont d’une corne capable de résister aux chemins les plus durs; mais à quoi bon tant de force et un ongle si dur, pour fouler les prairies et chercher leur pâture ?

La brebis est accablée de sa toison, la vache et les chèvres sont incommodées de l’abondance de leur lait; l’inutilité ou la contradiction se trouvent répandues partout : la terre renferme dans son sein des pierres, des métaux, mais elle n’a point d'hôte à loger; sa surface est un grand jardin, mais elle manque de jardinier, personne ne le visite.

C’est ainsi que la science et les arts de ces derniers temps nous ont exposé, d’une manière bien claire et bien précise, le globe et la nature en général, et l’accord qu’il y a entre chaque partie. Les premiers hommes ne voyaient pas comme nous, ils ne pouvaient pas croire comme nous : ils jouissaient des dons de la nature, mais ils ne s’occupaient pas du pourquor ni du comment, c'est-à-dire, qu'ils ignoraient les causes ; et entre jouir et connaître, vous le savez, mesdames et messieurs, la différence est immense: la jouissance tient à la surface des choses, mais la connaissance tient à l’intérieur.

Page 1