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de la providence, que le bien moral, soit publie, soit privé, trouve sa récompense dans un avantage matériel plus ou moins prochgin, mais toujours assuré. Faisons donc partout et en tout temps ce qui est bien, ce qui est juste, et soyons assurés qu'il ne peut en résulter que de l'avantage réel. En France, on dit: “ Fais ce que dois, advienne que pourra ;” c’est chevaleresque, c’est beau. J’aime mieux cependant, pour le commun des hommes, l’adage anglais : % Honesty is the best policy ;” c'est vlus tangible, plus pratique, plus conforme à la nature humaine. A propos, on a dit que les proverbes sont la sagesse des nations ; ne trouvez-vous pas que les deux que nous venons de citer, peignent assez bien le caractère des deux nations auxquelles ils appartiennent ?
Je crois vous en avoir assez dit pour vous donner une idée claire des réformes ou changements que je désire voir s’opérer dans notre système d'éducation primaire. Si ces idées sont accueillies, il ne restera plus qu’à les rédiger sous forme d’un projet de loi. Mais, pour éviter l'erreur qu’on commit en 1841, je voudrais qu’un pareil projet de loi, une fois préparé, fût laissé sur le bureau de l'assemblée législative jusqu’à la session alors prochaine, afin que, dans l'intervalle, tous les amis éclairés de l’éducation eussent occasiun de l’examiner à loisir, de suggérer les améliorations dont il serait susceptible, même de se prononcer contre et de proposer un système meilleur. Il vaut mieux en pareil cas remettre d’une année la passation d’une loi, que de courir le risque de perdre six années avec un système défectueux, inefficace, comme on l’a déjà fait.
Il est question en quelque part, à ce qu’il paraît, de revenir au système de la contribution volontaire, au moyen duquel on espère réconcilier le peuple avec l'éducation. On parviendra à ce but, je pense ; maïs qu’on réussisse avec ce système à créer des fonds certains et permanents, c'est ce que je ne pense pas. L'effet de ce système sera nécessairement de faire peser toute la charge sur un nombre limité de zélés amis de l’éducation dans chaque endroit. Cela ira
bien pendant une ou deux années, mais ces généreux con- , “ bie
tributeurs se lasseront à la fin, et la caisse des écoles restera F “ bie vide. Ce système n'aura pas non plus l'effet de remédier à ‘6 or
l'un des plus grands vices de la loi actuelle, la multiplicité À ‘6 où des écoles, qui empêche qu’on n’en ait de bonnes. Cependant, x. “ de
comme il importe beaucoup de faire cesser l'opposition scan- à L'
daleuse qu’on a soulevée sur plusieurs points à la loi % gouvd d'éducation, je n'aurais pas de répugnance à ce qu'on fit ë d'Au, servir le mode de contribution volontaire à préparer la voie À plusi
à un système perfectionné, propre à asseoir l'éducation i les do populaire sur une base solide et permanente, à un système jh mais qui opère, et qui opère bien, portant en lui la régénération à contre prompte et assurée de notre intéressante population. # demer Ce que je veux donc, ce que nous devons tous vouloir, F Je c’est un système d'éducation qui fonctionne avec efficacité, & ou de
avec harmonie, sans murmure, sans froissement. Je me 3 au peu déclare hautement contre la coërcition : d’abord, parce qu’elle ï comm n’est pas nécessaire, et qu’il suffira d’un système approprié à chacu à notre état social; en second lieu, parce que vous ne feriez k le moc que révolter le peuple, et rendre toute loi d’éducation im- à et apr possible par la suite: ou que si le peuple se soumettait à Pimpô contre-cœur, vous ne feriez que le préparer à une soumission 4 comm d’esclave à toute loi vraiment oppressive qu’on voudrait lui 1 de l'in imposer, ce qui serait, certes, vous l’avouerez avec moi, bien Ë réelles mal commencer l'éducation d’un peuple libre. Aussi, dans des vi la prévision ou supposition que le mode de contribution que peuvet je propose, rencontrerait quelque opposition sérieuse au sein reuse. du peuple, ai-je cherché, et crois-je avoir trouvé un moyen qu’il t de former un fonds d'éducation sûr et simple et à Pabri de les is: plusieurs des objections qu’on peut opposer aux modes 1 de sor d'imposition dont il a été question jusqu’à ce jour. plus f
Il est une taxe, encore inconnue dans ce pays, et que les caandi économistes les plus distingués reconnaissent, pour des Péduc: raisons que chacun appréciera facilement, comme une des AT
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plus justes et des moins pénibles à acquitter, c’est Pimpôt sur les legs et successions. “ILest pris, dit Say, sur un
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LE RÉPERTOIRE NATIONAL. 347 “ bien dont la destination n’était pas fixée d’avance, sur un “ bien que l’héritier n'avait pas compris dans ses ressources “ ordinaires, et dont on lui demande une portion au moment “où il le reçoit, où il a entre les mains la chose qu'on lui ‘ demande.”
L'usage de cette taxe, pour les besoins ordinaires du gouvernement, est très ancien, puisqu'il date du règne d’Auguste chez les Romains, d’où il s'est perpétué chez plusieurs nations d'Europe. Chez les Romains, cependant, les dons faits aux plus proches parents en étaient exempts ; mais MeCulloch, dans son traité On Taæation, se prononce contre cette exemption, comme ne reposant sur aucun fondement, pourvu que l'impôt soit modéré.
Je proposerais donc cet impôt, au lieu de la taxe actuelle ou de ceile que je propose, si on ne pouvait la faire agréer au peuple, et je p'oposerais, en outre, qu’il fût progressif, comme je le fais pour l:: taxe foncière. De cette manière, chacun contribuerait seliii ses moyens, mieux encore qu’avec le mode de taxation actuelle ; :t il ne le ferait qu’une fois, et après sa mort da fond d’une tombe muette ; car une fois limpôt établi, les héritiers et légatairc: ne considèreraient comme leur appartenant que ce qui resterait après l’acquit de l'impôt ; puis, l'impôt ne se paierait que sur des richesses réelles, tandis que la taxe prélevée sur les biens apparents des vivants, sans égard aux dettes et obligations dont ils peuvent être chargés, devient souvent une charge très onéreuse. Un autre avantage de l’impôt en question, c’est qu’il vorterait sur les biens mobiliers aussi bien que sur les i:::mcubles, qui seuls sont maintenant sujets à l'impôt ; de sorte qu’un riche capitaliste ou marchand, qui aura la plus forte partie de sa fortune en portefeuille ou en marchandises, ne contribue que bien mincement au soutien de l'éducation,
A propos, sait-on que l’opulente cité de Montréal, le centre où affluent de tous côtés les richesses du pays entier ; sait-on que, grâce aux allocations législatives et aux libéra-
lités de ses seigneurs, elle se trouve presque entièrement exempte de contribution pour l’éducation du peuple? Avec le plan que je propose, il en serait tout autrement, et c’est le côté le plus favorable de l’impôt sur les successions, qu’il portera plus légèrement sur les populations pauvres. Aujourd’hui, qu’une population soit riche ou pauvre, il faut qu’elle contribue à proportion de son nombre. Sous le système proposé, une population riche rapportera proportionnellement plus qu’une population pauvre, et comme la répartition du fonds commun se fera,—et c’est ainsi que je lentends,—à proportion de la population, il s’en suit que les localités pauvres recevront plus qu’elles ne contribueront.
Eh! voilà comme j’entends la société, une réunion d'hommes formée dans des vues d’assistance mutuelle et fraternelle ; les forts appuyant les faibles, les riches secourant les pauvres. S°ns cela la société n’est qu’une déception, un guct-à-pens où l’on n’attire les hommes que pour les exploiter comme de vils troupeaux de bêtes. Il y a mil huit cent quarante-sept ans accomplis que les hommes ont appris à s'appeler frères: il est temps sûrement que ce mot devienne une vérité ; il est temps que la charité se fasse sentir ailleurs qu’au seuil de nos demeures, où elle se borne à jeter quelques bribes dans la besace du mendiant ; il est temps qu’elle prenne son essor et se manifeste dans la législation humaine en actes, en décrets dignes d'elle, dignes aussi de la noble origine et des hautes destinées de l’homme ; qu’au lieu de rabaisser le pauvre encore davantage par Paumône, on cherche à le relever de sa condition humiliante et à en faire un homme.
Jusqu'à présent, on ne saurait se le cacher, le but et l'effet de toutes nos coutumes et législations ont été de favoriser la concentration des richesses dans un petit nombre de mains. On n’a vu dans la société que la propriété, on n’a pensé à l’homme que pour savoir le meilleur parti qu'on pouvait tirer de lui; mais c’est prendre la société à rebours, la fin pour le moyen, comme je l’ai fait remarquer plus haut
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