A. ANGERS
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Puis il énumérait les douceurs qu’on éprouve
De J’aimable justice en suivant le sentier ;
Qu'en elle seulement le vrai bonheur se trouve Et se possède tout entier.
Puis, pour encourager la nature fragile A rechercher ces biens avec plus de ferveur, Il offrait à nos cœurs les traits que l'Évangile Rapporte de la vie et la mort du Sauveur :
Pleurant dans sa naissance, obscur au premier âge, Parmi le peuple en butte à l’injure et l’affront, Et n'ayant au milieu du monde, son ouvrage,
Pas même où reposer son front.
Puis il :nontrait les Juifs qu’au palais de Pilate
Pour tourmenter le Christ la rage transporta ;
Le sceptre de roseau . . . le manteau d’écarlate .
Et la pesante croix traînée au Golgotha .
Le vinaigre et le fiel dont ses lèvres divines
Pour les péchés du monde ont voulu s’abreuver .
Les mains, les pieds cloués, et le front ceint d’épines Du Dieu mourant pour nous sauver.
Et puis, avec des mots dont la douceur entraîne, J1 loua les grandeurs de la Mère de Dieu, Que les anges du ciel reconnaissent pour reine, Et que l’homme vénère et célèbre en tout lieu. Et puis il exalta sa bonté maternelle, Asile toujours sûr et qui ne peut manquer Au pécheur repentant qui se confie en elle
Et met sa gloire à l’invoquer.
Saintement affamé de la parole sainte,
Le peuple, abandonnant ses foyers et ses champs,
Accourt à flots pressés se ranger dans l’enceinte
Pour entendre l’apôtre aux discours si touchants :
Les oracles du ciel éclatent de sa bouche,
Aux oreilles des cœurs sa voix vient retentir,
Et l’on voit, en tout lieu que la grâce les touche, Couler les pleurs du repentir.
Cités, bourgs et hameaux, tout a changé de face, A l'ombre de la mort aucun n'est plus assis ; Le doute dans l'esprit de sceptique s'efface,
LE RÉPERTOIRE NATIONAÏ
Et la ferveur renaît dans les cœurs endurcis. Foi, confiance, amour et regret de tout crime Ont vaincu le démon, dont l’empire est détruit, La vertu dans les mœurs facilement s'imprime Et fait bientôt germer son fruit.
Sur la terre, où trouver la 1yre assez sonore, La voix assez puissante et l’hymne assez parfait Pour offrir au Seigneur un concert qui l’honore Autant que le mérite un si divin bienfait ?
Mon âme reconnaît ici son impuissance
A payer son tribut de juste et prompt retour, Ma langue est inhabile à la reconnaissance,
Le silence est mon chant d'amour !
Pourtant je te prirai, Providence qui veilles
Sur le bonheur de l’homme et ses futurs destins :
En nous ne borne pas le cours de tes merveilles
A cet élan premier dans tes sentiers divins :
Ce triomphe si beau remporté suf le vice,
Dans la persévérance, oh ! soit-il accompli,
Et que nos fronts courbés au joug de ton service A jamais en gardent le pli.