BARTHE
cd
Les Séraphins ravis, les yeux sur le Calvaire, Contemplaient avec lui ce sublime mystère :
Ces esprits bienheureux, sans en être jaloux, Remerciaient leur Dieu de sa bonté pour nous, Et dans un saint respect, attendaient en silence Le moment solennel de notre délivrance. . .
A l'heure qu’en son cours le globe du soleil Allait de la nature éblouir le réveil ;
Quand les anges maudits, voyant blanchir les ombres,
Rentraient avec effroi dans leurs cavernes sombres, L'Éternel, d'un sourire et d’un geste divins, Désigne le Calvaire au chœur des Séraphins .
Le Sauveur des humains, heureux de sa victoire, S'élance du tombeau, parmi des flots de gloire ! . A son aspect divin, par l'éclair foudroyés,
Les soldats sur le roc roulent épouvantés.
Et prompt comme l'éclair, déchirant la nuée,
Un messager divin traverse l’empirée :
Son pied touche à la terre et d’un bras tout-puissant, I1 fait rouler au loin le roc du monument.
Les cieux ont tressailli : le fracas du tonnerre Jusqu’en ses fondements a fait bondir la terre, Tandis que le vainqueur, brillant de majesté, S'élève dans la gloire et l’immortalité !
N. D. J. JEAUMENNE.