À UNE DEMOISELLE, SUR LA PERTE DE SON FIANCÉ
Quand reviendront l’hiver et ces brillantes fêtes
Où le cœur enivré rêve un doux avenir,
Ces bals dont la splendeur tourne les folles têtes, Gardez son souvenir.
Fe ES
Quand vous verrez alors la valse bondissante Au son des instruments tourner à s’étourdir,
(1) M. Orphir Peltier, poète et écrivain, né le 7 septembre 1825, |] mort à Montréal en 1852, fit ses études au collège de Montréal et | [HUE fut admis au barreau à l’âge de 22 ans. Excellent musicien, il avait | | été choisi comme organiste de l’église Saint-Patrice, à Montréal. Fr | I publia dans la presse française plusieurs essais littéraires et poé- | | tiques. Il est l’auteur d’un morceau de musique sacrée, © salufaris [TR
ostia, qui a été publié dans L'Album de la Minerve. Une opéra- di: tion chirurgicale qu’il avait dû subir «ans le bas âge le laissa infirme 4 et fut en réalité la cause de sa mort prématurée.
Du bonheur repoussant l’image caressante, Gardez son souvenir.
Quand de l’astre du jour un dernier rayon tombe
Et que la cité lasse est prête à s'endormir,
Du jeune et tendre ami qui sommeille en sa tombe Gardez le souvenir.!
Il dort du long sommeil, mais la sainte prière Peut encore au tombeau le faire tressaillir :
Il sourira voyant celle qui lui fut chère Garder son souvenir,