‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme]Chapitre 143 sur 203 · ESS · texte numérisé non relu

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passé toute la nuit entière à mettre quelques livres en ordre.

BELLIRE.—I1 faut donc que ce soit l’avant-dernière . Mais qu'est-ce que cela me fait, à moi ?

DELORVAL (songeant).—L,'avant-dernière nuit ! . tu te trompes encore. Il est venu avec moi passer la nuit près du cercueil de ce pauvre défunt Biron.

BELLIRE.—L'avant-dernière nuit ?

DELORVAL.—L'avant-dernière nuit.

BELLIRE.—Pensez bien . . . Vous pourriez vous tromper.

DELORVAL.—Eh ! j'en suis certain . . autant qu'on peut l’être . . Mais dis-moi, Bellire, l’as-tu vu toi-même dans un tel lieu ?

BELLIRE.—Si je l'y ai vu ?

DELORVAL.—Oui.

BELLIRE.—Moi-même ?

DELORVAL.—Oui.

BELLIRE.—V songez-vous, mon cher Delorval ? Moi ! hanter de pareils lieux ! . . . Non, je ne l’ai pas vu moi-même, mais je le tiens de très bonne part.

DELORVAL.—Ah ! je vois. Il n’est pas coupable, Bellire, il n’est pas coupable, sois-en sûr. On aura pris une autre personne pour lui, ou bien quelque ennemi fait courir ces faux bruits ; car, vois-tu, Auguste est un homme de bien, et il est rare qu’un homme de bien soit sans ennemis. Auguste a trop d'honneur pour se trouver dans la situation que tu viens de me décrire. C'est impossible, Bellire, il faudrait que je le visse de mes propres yeux.

BELLIRE.—-Comme vous voudrez, monsieur ; mais je sais que, pour ma part, soit dit entre nous, je n'aime pas fort la physionomie de cet homme-là, et je le crois aussi capable, avec tout l'honneur et la probité que vous lui

livres en 1ière .

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accordez, de se trouver en grandiose compagnie dans une hôtellerie que de . . . (Æochant la tête.)

DELORVAL.—Ensuite.

BELLIRE.—Mais à quoi servirait de le déclarer, si vous n’ajoutez aucune foi à ce que je vous dis. D'’ailleurs, cela ne me regarde pas.

DELORVAL.—Est-ce quelque chose de bien sérieux ?

BELLIRE.—Plus que vous ne pensez. Si ce cas-là était à votre connaissance, vous ne voudriez jamais voir Auguste.

DELORVAL.—Oh ! bien, Bellire, ne badine pas, hein ! Ce sont des fariboles que tout cela. Si tu connaissais Auguste comme je le connais, tu serais loin d’ajouter foi à la moindre faute qu’on voudrait lui imputer.

BELLIRE.—Vous pourriez peut-être bientôt le connaître encore mieux.

DELORVAL (riant).—Ah! ah! ah! ah! le badin! Tu te plais à me tourmenter, coquin. Finissons, tiens ! J'ai quelque chose à te communiquer. Si tu veux avoir la

bonté de me suivre dans ma bibliothèque, je te ferai rire. (ZL sort.)

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