LA MORT DE LA JEUNE FILLE
Elle n’est plus la jeune fille ; Mais aux cieux son étoile brille !
L'église du hameau
S'ouvre pour le cortège,
Voile plus blanc que neige Couvre un pieux fardeau.
A la lueur du cierge,
Le vieillard du saint lieu Vient recevoir la vierge
Qu'il fiance à son Dieu !
Mais le bruit des sanglots, Puis le chant des cantiques Escortent les reliques
Au funéraire enclos . .
Là, point d’or, point de pierre :
Pour la bière . . . des pleurs ; Pour le ciel. . . la prière; Pour la terre. . . des fleurs !
Au sein de l'Éternel
De gloire elle est parée ; Mais sa mère adorée
Prie et blâme le ciel!
Morne elle s’achemine Vers un monde nouveau .
Son étroite chaumine
Est un vaste tombeau !
Vierge, repose en paix
Dans le séjour des anges, Qui disent tes louanges
Et chantent tes attraits !
Tai qui, brillante et pure, N'emportas sans orgueil Qu'un linceul pour parure, Et pour dot, qu’un cercueil !
Fille n’est plus, la jeune fille ; Mais aux cieux son étoile brille !
LE RÉPERTOIRE NATIONAIL, 381