‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme]Chapitre 21 sur 203 · CHANSON · texte numérisé non relu

CHANSON

Se munir d'une femme C’est accepter des lois, C’est contenter son âme, La soumettre à la fois, Ainsi soyons donc prudes, Regardons de bien près, Sinon ses coups sont rudes, Préparés tout exprès !

Parler de mariage ?

Vaut mieux lui céder,

Puis entrer en ménage Sans trop s’y préparer :

La femme est trop coquette Pour ’en pas abuser ; Madame la discrette, Veuillez bien m’excuser !

Passer en amourettes

Un lustre désormais, Toujours parler d’aigrettes Sans s’ennuyer jamais .

Traiter de chère amante, Avec feu, passion,

Celle qui n’est constante Que par pure façon !

L'amour tient d'étiquette :

‘ N'ouvrez pas votre cœur,” Nous dit une coquette,

‘ Car l'aveu nous fait peur !” Pourtant mainte promesse S'échange des deux parts,

Et l’on prend pour tendresse De vrais coups de poignards !

L'amour est éphémère

Et sans sincérité ;

Pourquoi tant de mystère, Si peu de vérité ?

Quand les bouches s'adorent Les cœurs sont trop glacés, On dirait qu'ils ignorent Les tendres voluptés !

Se piquer d’être belle,

N'a plus rien d’étranger ; Mais se dire fidèle, Saurait-on le prouver ?

Mais ce qu'on nomme grâce Est bientôt effacé ;

Oui, la beauté se passe ; Suffrage à la bonté !

Il n’est plus sur la terre De sincères amants !

Moi je me désespère D'y voir tant d'inconstants, Enfin pour en conclure, Je dis sans hésiter :

Qu'amour fait qu’on endure, Qu'il est chétif métier.

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