‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme]Chapitre 29 sur 203 · LES DEUX BERGERS · texte numérisé non relu

LES DEUX BERGERS

Vois comme autour de nous le ciel se rembrunit : Sous le pâle horizon, où le soleil s'enfuit, Un autre jour va naître, annoncé par l'aurore : Le jour est un rayon de l'astre qu'on adore ! Le globe se confond dans l'ombre de la nuit, Dans un nuage d’or la lune en reflets luit, Et la brise du soir embaume le bocage, Viens voir briller dans l'onde une amoureuse image, Viens chérir ton berger, Viens chanter et prier !

Demain les doux rayons dont l'horizon se dore Viendront nous rire encore, Demain, un jour nouveau Nous sourira l'amour !

Sur le penchant de la colline Où paissent nos brebis, Viens cueiliir, ma Céline, Ces fraîches fleurs de lis !

Pour la nymphe de la fontaine Les bergers te prendront ce soir, Et les zéphirs quittant la plaine, Pour caresser l'onde, ton frais miroir, Marcheront sur tes traces Jusqu'au bois où les Grâces Viennent danser, la nuit, Aux clairs rayons de la lune qui luit.

Ta bergère, Tirtée, a juré dans son âme De suivre tous tes pas, Car les bergers ont des appas Qui font naître en nos cœurs une brûlante flamme. Quand nous vîinmes tous deux pour la première fois Causer à l'ombre de ces bois, Tu me disais en ton langage, En suivant des yeux nos troupeaux Qui paissaient sur ces coteaux, Que c'était sous l’ombrage Qu’'amour accorde des faveurs.

En même temps tes yeux se remplissaient de pleurs,

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