‹ Le Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne [microforme]Chapitre 31 sur 203 · À PARLE · texte numérisé non relu

À PARLE

lle LL Je voudrais te chanter sur ma lyre champêtre,

tu Cousacrer dans mes vers le nom que, sur un hêtre

Au fond de mon bosquet, j’ai gravé de ma main ;

Ce doux nom en secret palpite dans mon sein !

Je crains de me trahir. . ma passion timide

Fait taire mes soupirs, sèche mon œil humide,

Retient le battement de mon cœur indiscret,

Me force à tout garder dans un prudent secret,

Et quel que soit l’espoir qu’autorise ma flamme,

J'attends pour m’avouer que je lise en ton âme,

Que dans tes yeux je voie une amoureuse pleur,

| Expirer sur ta lèvre un soupir de ton cœur,

fi T’attendrir aux accords de ma brûlante lyre, Briller de tout l'éclat d'amour et de sourire : Alors à tes genoux je t’avouerai mes feux,

Je plaisir et l'amour nous souriront tous deux, Le bonheur le plus pur sera notre partage, Nous bénirons, ma chère, un si doux héritage !

La vie est si fertile en soucieuses pleurs

Que les amants tout seuls y recueillent des fleurs ! , Quand nous ferons tous deux le chemin de la tombe (Car la tendre beauté se fane aussi, puis . . . tombe), Nous courberons plus tard sous le fardeau des ans : —Jes ans les plus heureux, ce sont ceux des amants. —

JARTHE,.

eee.

Lorsqu’à mon dernier jour, étendu sur ma couche, Ta main viendra presser ma défaillante bouche, Que dans ton chaste sein tressaillant les soupirs, Tu n’auras plus de moi que quelques souvenirs, De ton époux encor tu chériras l’image,

Car son dernier adieu sera le dernier gage

Des tendres sentiments qu’ilte voue aujourd’hui !

J. G. BARTHE

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